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Comment Ouigo compte attirer 25 millions de voyageurs d’ici 2020

D'ici 2020, les TGV Ouigo desserviront Bordeaux et Strasbourg, mais 
ils prendront également des passagers dans deux gares parisiennes.

D'ici 2020, les TGV Ouigo desserviront Bordeaux et Strasbourg, mais ils prendront également des passagers dans deux gares parisiennes. - Jacques Demarthon - AFP

Voyages-SNCF veut multiplier par 5 le nombre de passagers en moins de 3 ans grâce à deux nouvelles destinations (Bordeaux et Strasbourg), et en offrant également la possibilité d’embarquer dans des gares parisiennes.

En 2016, les rames de TGV de Ouigo ont transporté 5,1 millions de voyageurs. Mais l’objectif de Voyages-SNCF est bien plus ambitieux. La société désire multiplier par 5 le nombre de passagers dans ses TGV Ouigo d’ici 2020. C’est ce qu’a annoncé mercredi 22 mars Rachel Picard, la directrice générale de Voyages-SNCF qui a expliqué précisément comment il sera possible de relever ce défi en seulement trois ans.

Pour y parvenir, le groupe veut démocratiser l’usage des trains à grande vitesse en améliorant sa stratégie "low cost", et en conservant des tarifs très compétitifs. Sur Ouigo, le prix des billets démarre à 10 euros ce qui permet d’atteindre un prix moyen 50% inférieur à ceux des TGV traditionnels.

Des départs depuis le centre de Paris

La méthode repose sur le déploiement des lignes. Dès cet été, Ouigo ouvrira deux nouvelles destinations: Bordeaux et Strasbourg. Et pour cela, le nombre de rames passera de 12 à 35.

L'autre coup d’accélérateur, bien plus puissant, sera donné en 2019 avec l’arrivée des TGV Ouigo dans le centre de Paris. Pour aller dans le sud ou dans l'ouest de la France et pour se rendre dans la capitale, les voyageurs ne seront plus contraints d'aller à Marne-la-Vallée/Chessy, à Massy ou à Roissy-Aéroport. Avec un billet "low cost", ils pourront embarquer dans les gares de Lyon et de Montparnasse. Un supplément de prix serait à l’étude pour les départs et les arrivées dans Paris intra-muros.

Comme l’a indiqué Rachel Picard, l’objectif est que Ouigo atteigne 25% du trafic des TGV, soit 25 millions de voyageurs, contre 5% actuellement. Et pour ne pas créer de manque à gagner en termes de chiffre d'affaires, Rachel Picard espère une réorganisation des usages. Les clients qui ne désirent pas être limités en bagages, qui veulent avoir accès à une voiture-bar, ne pas être contraints d’arriver 30 minutes avant un départ ni devoir réserver et payer 2 euros une prise électrique pour recharger leur smartphone ou leur PC devront payer plus cher pour emprunter les lignes classiques, qui deviendront ainsi la "business class" des TGV.

Pascal Samama