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Citroën veut concurrencer Autolib

Le groupe Bolloré réclame 40 millions d'euros par an sur cinq ans à Paris et aux communes qui accueillent des Autolib.

Le groupe Bolloré réclame 40 millions d'euros par an sur cinq ans à Paris et aux communes qui accueillent des Autolib. - Éric Piermont / AFP

Avec la facture salée que demande Autolib' à Paris et aux communes franciliennes, la maire Anne Hidalgo a fait part de son intention d'accueillir d'autres modèles d'autopartage. Le constructeur français PSA a confié être déjà en discussion avec la Mairie pour développer son service de "free floating" dans la capitale.

Verra-t-on bientôt des véhicules Citroën électriques en libre-service dans la capitale? L'idée "nous intéresse", répond le constructeur PSA au quotidien Les Échos ce samedi, affirmant être déjà "en contact avec le Mairie" de Paris.

Contrairement à Autolib', le service d'autopartage géré par le groupe Bolloré, qui impose aux clients de prendre et ramener ses voitures à des places de parking précises, les véhicules de PSA seraient disponibles en "free floating", autrement dit elles peuvent être garer n'importe où par le client.

1000 véhicules pour couvrir Paris

PSA a déjà mis en place ce type de logistique à Madrid et Lisbonne, où elle possède une flotte de respectivement 600 et 150 Citroën électriques. L'objectif est de proposer au client, lors de la location, une voiture dans un rayon de 100 m autour de lui. Pour répondre à cette exigence, le constructeur estime qu'il faudrait installer une flotte de 1000 véhicules dans la capitale française.

Pour l'instant, il est prévu que le service ne couvre que Paris intra-muros, alors qu'Autolib' est présent dans 98 communes franciliennes. Puisque le "free floating" ne nécessite pas d'installer des stations, la zone pourrait s'étendre si la demande est présente.

Contrairement au groupe Bolloré, le service de PSA ne nécessite pas de subvention de la part des collectivités. La demande du constructeur va porter sur le coût du stationnement. À Madrid et Lisbonne, les places de parking sont gratuites pour ces Citroën électriques. PSA se dit prêt à payer un forfait annuel.

Une réunion avec les constructeurs lundi

La Ville de Paris et les 97 autres communes franciliennes sont en conflit avec le groupe Bolloré, qui leur réclame 40 millions d'euros par an sur cinq ans pour combler le déficit cumulé par Autolib'.

La maire de la capitale, Anne Hidalgo, a jugé cette somme "extravagante" et a fait par de son souhait d'aller "vers un nouveau modèle", citant le "free floating".

Lundi, elle réunira des constructeurs pour discuter de leurs projets. Car PSA n'est pas le seul groupe automobile présent dans ce secteur. Son compatriote Renault le concurrence déjà à Madrid, et les allemands Daimler et BMW ont noué un partenariat dans l'autopartage. Les premiers projets pourraient voir le jour avant la fin du contrat d'Autolib', qui lie les collectivités et le groupe Bolloré jusqu'en 2023.

J.-C.C.