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Chauffeur Privé cherche 100 talents pour se lancer à l'international

Chauffeur Privé cherche à recruter 70 à 100 personnes pour sa stratégie internationale.

Chauffeur Privé cherche à recruter 70 à 100 personnes pour sa stratégie internationale. - Chauffeur Privé

Entre le géant américain Uber et Taxify, la start-up estonienne appuyée par le mastodonte chinois Didi, Chauffeur Privé ne baisse pas les bras. Avant une levée de fonds de 50 millions d'euros qui se conclura dans les prochains mois, la start-up recrute une centaine de personnes pour se lancer à l'international.

Alors que Taxify arrive à Paris avec une nouvelle approche du marché du VTC, Chauffeur Privé annonce de son côté l’accélération de sa stratégie. La société française lance une campagne de recrutement pour trouver entre 70 et 100 nouveaux talents qui viendront aider le groupe à accélérer sa croissance. Il ne s’agit pas de nouveaux chauffeurs, mais de spécialistes du numérique (développeurs, datascientists…) ainsi que des professionnels du marketing et des commerciaux qui viendront rejoindre une équipe de 150 salariés réunis dans les nouveaux locaux de Levallois-Perret (Hauts de Seine). 

L’annonce de cette opération est-elle liée au déploiement de la start-up estonienne? Pas vraiment, comme l’explique Yan Hascoet, cofondateur et président-directeur général de Chauffeur Privé qui rappelle qu'une levée de 50 millions d'euros est en fin de finalisation pour appuyer sa croissance et son déploiement à l'international. "Il est évident que pour certains clients, la nécessité d’avoir une application unique dans plusieurs pays a un avantage indéniable", reconnaît Yan Hascoet. "On travaille dessus depuis trois ans, et ce recrutement va accélérer cette stratégie".

Le dirigeant a aussi expliqué à BFMBusiness.com que cette stratégie pourrait s’effectuer d’une autre manière que celle d’Uber ou de Taxify. "Nous pensons passer des accords avec des acteurs locaux, un peu comme le font les opérateurs de télécom pour le roaming". Pour le dirigeant, la réussite dans un pays ne garantit pas le succès partout ailleurs. "Les marchés du VTC sont extrêmement locaux dans la réglementation, mais aussi dans les usages, ceux des chauffeurs et des clients. On ne réplique pas le même fonctionnement d’un pays à l’autre".

"On ne se lancera pas dans une guerre des prix"

L’allusion à Taxify et à Uber est évidente, mais pour le dirigeant, ce n’est pas la pression de la concurrence qui guide sa stratégie. "La concurrence, on ne connaît que ça sur le marché parisien. Dans les 18 mois qui ont suivi notre lancement en 2012, une douzaine de services se sont lancés et beaucoup ont disparu, même après avoir levé beaucoup d’argent. C’est inhérent au marché parisien du VTC qui est le plus concurrentiel du monde". Yan Hascoet estime qu'il est important de rester fidèle à son modèle. 

"On regarde toujours ce que fait la concurrence pour les chauffeurs et l’évolution de la demande des clients, mais le plus difficile est de trouver le juste équilibre entre ces deux paramètres". Le dirigeant estime aussi qu'une guerre des prix ne peut conduire qu’à une dégradation du service et à une perte de rentabilité. "Pour nous, ce qui compte est de conserver une qualité de service. Pour nous, avoir des voitures propres et en bon état, des chauffeurs agréables et qui disposent des bons documents, ça prend du temps, ça alourdit le processus, ça représente un surcoût, mais c’est important. Les clients vont bien sûr voir les services moins chers, mais ils tiennent compte de la qualité et de la sécurité". 

Un modèle qui selon Yan Hascoet a permis à Chauffeur Privé de devenir en 5 ans le leader français du VTC. La plateforme revendique 1,5 million de clients et 15.000 chauffeurs qui pour utiliser son application acceptent de porter un costume sombre et une cravate rouge. 

Pascal Samama