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Ces nouveaux horodateurs vont rapporter gros aux villes

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"Les grandes communes modernisent à grand frais leur parc d'horodateurs. Elles anticipent un changement de la loi en 2018, qui leur donnera plus de prérogatives dans leur gestion du stationnement payant sur la voirie."

C'est une révolution discrète mais visible qui affecte les voiries urbaines: les municipalités sont en en train de renouveler tous leurs horodateurs. A Pau, 125 nouveaux appareils ont été posés dans la ville, pour un coût total de plus de 550.000 euros. A Lille, la municipalité renouvelle tout son parc d’horodateurs vieillissant, soit plus de 700 terminaux déployés à travers la ville. A Limoges, la ville a décidé en 2015 d'investir, sur 3 ans, 1,5 million d'euros dans de nouveaux appareils.

Le point commun à ces machines de dernière génération ? L'automobiliste ayant stationné son véhicule sur une place payante doit saisir, sur leur clavier, le numéro de sa plaque d’immatriculation pour pouvoir valider son paiement. En outre, ces horodateurs sont interconnectés entre eux, ce qui permet une gestion centralisée de l’ensemble du parc de machines ou de détecter en temps réel d'éventuels dysfonctionnements.

Du point de vue des mairies, cette mise en réseau des parcmètres a aussi un atout, celui de juguler la fraude. Dans le cas où un temps initial de gratuité de stationnement est proposé, inutile de courir d'un appareil à l'autre pour obtenir du temps supplémentaire gratuit : la plaque d'immatriculation du véhicule qui bénéficie de la demi-heure gratuite, aura été enregistrée et communiquée instantanément à tous les horodateurs de la ville.

Vers des tarifs de stationnement plus différenciés

Mais la lutte contre la fraude n'est pas le motif principal de la modernisation des horodateurs. En changeant leur parc d'appareils vieillissants, les municipalités anticipent surtout la réforme du stationnement en voirie, liée à la loi MAPTAM (modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles) de 2014.

Ce texte, dont l'entrée en vigueur a été repoussée en 2018, procure aux mairies la capacité de définir l’ensemble de leur politique de stationnement payant en voirie en fonction de leurs spécificités. Autrement dit l'investissement consenti pour moderniser les parcmètres est assorti d'une promesse de recettes supplémentaires pour les municipalités.

Comment ? En permettant aux villes d'appliquer, de manière plus fine et plus réactive, une politique tarifaire incitative pour, par exemple, limiter la circulation en centre ville à certaines heures en leur fournissant des moyens de pilotages et de contrôle plus efficaces. Rendu possible par les appareils de dernière génération, le stationnement par saisie de la plaque minéralogique permet aux mairies d’identifier les usagers en leur donnant, éventuellement, accès à des droits et tarifs différenciés.

Pour la ville, le forfait "post stationnement" remplacera l'amende à 17 euros

En 2018, la ville fixera aussi le niveau du forfait journalier post stationnement qui remplacera l'amende forfaitaire à 17 euros, en cas de dépassement ou d'absence de trace du paiement du stationnement en voirie.

Avec cet apport de recettes, les villes pourront financer le coût du traitement des contrevenants ou les travaux destinés à améliorer les transports collectifs ou respectueux de l’environnement et la circulation routière. Il est donc de l’intérêt des collectivités de se mobiliser au plus vite pour mettre en œuvre la décentralisation du stationnement payant sur voirie.

En investissant dans des appareils modernes, les villes sont aussi en mesure de proposer le paiement par carte bancaire ou par smartphones avec la technologie sans contact et en finir avec l'archaïsme du paiement par pièces.

Enfin les appareils les plus récents se muent en autant de points d’information ou permettent de prolonger à distance le stationnement depuis un smartphone connecté à Internet. Une manière pour les municipalités de cultiver leur image "high tech" ... tout en faisant passer la pilule d'éventuelles hausses de tarifs de stationnement ?

Frédéric Bergé