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Ce que le scandale Volkswagen pourrait coûter à l'économie allemande

Volkswagen va-t-il entraîner l'Allemagne dans ses turbulences?

Volkswagen va-t-il entraîner l'Allemagne dans ses turbulences? - Patrik Stollarz - AFP

Dans une note publiée le 30 septembre dernier, les économistes d'Axa Investment Managers construisent trois scénarii pour étudier l'impact de cette affaire sur l'économie germanique. Dans le pire des cas, elle perdrait jusqu'à 1,1 point de PIB.

L'affaire Volkswagen risque de coûter très gros au constructeur. Encore ce vendredi 2 octobre, une nouvelle estimation émanant des analystes de Crédit Suisse, et révélée par Business Insider, chiffre les pertes potentielles entre 23 et 78 milliards d'euros pour le groupe.

Seulement les conséquences de ce véritable séisme sur l'industrie automobile pourraient aller bien au-delà de la société de Wolfsburg. Ainsi, dans une note publiée mercredi 30 septembre, Maxime Alimi, économiste chez Axa Investment managers, s'interroge sur le coût pour l'économie allemande.

De 0,1 à 1,1% du PIB

"Il semble clair que Volkswagen va supporter des coûts de réputation et des coûts financiers qui vont affecter ses perspectives pendant une longue période. Mais est-ce que ce choc se limite à Volkswagen? Au diesel? Les consommateurs vont-ils délaisser l'ensemble de l'industrie automobile allemande? Ou, pire encore, est-ce que c'est toute la marque "made in Germany" qui est menacée?", s'interroge-t-il au début de son papier.

L'économiste envisage alors trois scénarii. Dans le premier, le moins alarmiste, l'impact est limité à 0,1% du PIB allemand. Dans ce cas, les ventes de Volkswagen chutent de 10% en Allemagne et 20% à l'étranger. Mais ces pertes se traduisent par des gains de parts de marché pour les autres constructeurs, y compris les autres groupes allemands. Ce qui explique qu'au final, le coût pour l'Allemagne reste mineur.

Le deuxième est un peu plus épicé. L'ensemble des constructeurs allemands sont touchés, est pas seulement Volkswagen. La facture gonfle alors à 0,4% du PIB germanique.

Le troisième est clairement le plus pessimiste. La défiance vis-à-vis de Volkwagen se propage alors non seulement aux autres constructeurs allemands mais aussi à l'ensemble du "made in Germany", plombant ainsi les exportations de machines-outils et de biens d'équipements. Dans ce cas, l'économie allemande perdrait alors 1,1% de PIB. 

Un coût également pour la France

En plus de ces trois possibilités, Maxime Alimi estime "probable" le scénario d'un choc sur le diesel amenant le consommateur à renoncer à ce type de motorisation.

Bien qu'il considère que les conséquences seraient alors négatives pour les constructeurs, il ne se risque cette fois pas à donner de chiffres en raison "des incertitudes sur la capacité des groupes à s'adapter et maintenir leur part de marché grâce aux autres technologies".

Il prévient enfin que ces estimations ne prennent pas en compte plusieurs points. Le premier d'entre eux est que si l'Allemagne voit son économie affectée par le scandale, par ricochet d'autres pays vont être touchés. Pour la simple raison que 25% des ventes d'automobiles en Allemagne sont réalisées par des constructeurs étrangers. Maxime Alimi cite la France et la République Tchèque comme les deux pays étant les plus susceptibles d'être touchés. Le second point est dû aux effets indirects. Les estimations de l'économiste ne tiennent en effet pas compte des conséquences liées aux suppressions de postes et aux baisses de revenus que le scandale pourrait induire.

>> Retrouvez notre dossier Tout comprendre du scandale Volkswagen

J.M.