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Brexit : Volvo mise sur la Grande-Bretagne pour monter en gamme

Même si la production restera localisée en Chine, toute la conception des Polestar de Volvo sera imaginée dans un nouveau centre de recherche, basé à Coventry.

Même si la production restera localisée en Chine, toute la conception des Polestar de Volvo sera imaginée dans un nouveau centre de recherche, basé à Coventry. - Fabrice COFFRINI / AFP

Alors que la plupart des constructeurs réduisent leurs investissements dans le pays, Volvo va y implanter un centre de R&D capital pour son développement.

sBrexit : le mot qui fait peur à l'industrie automobile quand on parle de Grande-Bretagne. Mais... pas à Volvo. Au contraire de Nissan ou de Honda, qui désinvestissent le secteur, le constructeur suédois propriété du Chinois Geely, va implanter dans le pays une pièce maîtresse de sa politique de montée vers le haut de gamme.

Depuis quelques années, Volvo, sous l'impulsion de sa maison-mère, a décidé (tout comme Toyota avec Lexus, PSA avec DS ou Nissan avec Infiniti) de se doter d'une véritable marque premium, baptisée Polestar. Cette dernière, qui s'est spécialisée dans les modèle de luxe avec une vraie plus-value high-tech, a lancé cette année la production de la Polestar One, coupé hybride sportif, dans son usine chinoise de Chengdu. Volvo prévoit une production annuelle de 500 exemplaires. Un produit de luxe, à 130.000 dollars pièce, qui sera aussi disponible via un système innovant de partage/location haut de gamme. 

Destination Coventry

Mais ce n'est qu'un début. Polestar doit devenir le porte-drapeau de Volvo notamment dans le domaine de l'électrification. L'objectif qu'a assigné Geely à sa filiale est de produire 1 million de véhicules électrifiés d'ici 2025. Et pour cela, Polestar doit accélérer décisivement en lançant de nouveaux modèles, notamment à destination d'un marché européen où les règles environnementales se durcissent, et créent un vrai appel d'air pour des modèles électriques à forte plus-value.

C'est pourquoi la marque de luxe va ouvrir un bureau de recherche, de développement et de design à Coventry, fief historique et industriel de... Jaguar-Land Rover ! Nulle crainte du Brexit, Volvo y voit même une opportunité pour chasser des talents. Car si 60 ingénieurs-maison doivent occuper dans un premier temps le nouveau centre de développement Polestar, il est question de croissance et de recrutement. 

Plan de travail chargé

« Investir dans les talents brianniques de l'industrie automobile ne fera qu'accroître nos capacités », dit Thomas Ingelath, patron de Polestar. « La passion et le dévouement de ces ingénieurs, constituent un atout qui correspond parfaitement à notre esprit et à nos projets. Il y a tout ce qu'il faut ici pour imaginer et concevoir de nouvelles voitures fantastiques. » conclut-il.

Et il y a du pain sur la planche... Car l'avenir de Polestar est déjà bien planifié. Après la mise en production de la Polestar 1, Volvo a présenté au dernier Salon de Genève il y a quelques mois un prototype de sa Polestar 2, une berline 100% électrique cette fois, et concurrente directe de la Tesla Model 3. Enfin, une Polestar 3 est d'ores et déjà prévue, et prendra la forme d'un... SUV, tout électrique lui aussi. Leurs lancements devraient s'échelonner sur les 4 ou 5 années à venir.

Chasse aux cerveaux

Même si la production ne bougera pas de Chine, il est clair que la recherche et le développement va devenir un actif crucial pour relever un nombre de défis très important, dans la conception, l'ingénierie, la technologie, mais aussi le marketing, au plus près des marchés à conquérir.

Volvo apporte une réponse intéressante à l'hypothèque que pose le Brexit, en montrant qu'au-delà de la simple production industrielle, les cerveaux automobiles britanniques restent un filon capital à exploiter pour qui veut innover dans la high-tech et le luxe. Et que la peur du Brexit peut même constituer une opportunité...