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Brexit: le patron d'Airbus salue la direction prise par Theresa May

Thomas Enders, PDG d'Airbus

Thomas Enders, PDG d'Airbus - Angelos CHRISTOFILOPOULOS / AFP

Thomas Enders, PDG d'Airbus, s'est félicité de l'annonce du gouvernement britannique de conserver des liens commerciaux étroits avec l'Union européenne une fois le Brexit acté.

Le président exécutif d'Airbus, Thomas Enders, a salué "la bonne direction" prise désormais par Theresa May sur le Brexit, quelques jours après l'avoir vertement critiquée pour son absence de plan.

"La déclaration de Chequers semble montrer que le gouvernement de sa Majesté va dans la bonne direction", s'est réjoui Thomas Enders lors d'une allocution à la chambre de commerce allemande de Londres lundi soir, selon des propos publiés par Airbus sur Twitter.

Vendredi, le gouvernement de Theresa May s'était réuni pendant 12 heures à Chequers, la résidence de campagne de la Première ministre. A l'issue de ces discussions sous tension, Theresa May avait obtenu l'assentiment de son gouvernement sur les grandes lignes de son plan pour le Brexit prévu fin mars prochain.

Zone de libre-échange

Ces propositions, qui doivent être détaillées dans un prochain "livre blanc", prévoient de mettre en place une zone de libre-échange pour les biens entre le Royaume-Uni et l'UE ainsi qu'un nouveau modèle douanier avec les 27, afin de maintenir un commerce "sans friction" avec le continent. Cette position a entraîné depuis le départ de deux poids lourds du gouvernement, les eurosceptiques David Davis (qui était ministre du Brexit) et Boris Johnson (Affaires étrangères), adeptes d'une rupture nette des liens avec l'Union européenne.

Mais elle semble avoir rallié le patron d'Airbus qui avait reproché aux responsables britanniques, avant la rencontre de Chequers, "de n'avoir aucune idée" de ce qu'ils faisaient sur le Brexit. Airbus emploie 15.000 personnes au Royaume-Uni, réparties sur 25 sites différents. Les ailes de ses avions y sont fabriquées avant d'êtres envoyées à des usines d'assemblage final dans d'autres pays européens.

Crainte d'un Brexit dur

L'avionneur craint des perturbations à sa chaîne de production en cas de Brexit désordonné ou "dur" et a menacé de réduire ses investissements au Royaume-Uni en cas de sortie de l'UE sans accord entre Londres et Bruxelles. Mais Thomas Enders s'est montré plus optimiste lundi soir au vu de la nouvelle position du gouvernement conservateur. "Nous sommes en droit d'attendre que Bruxelles et nos autres pays d'origine se montrent aussi pragmatiques et justes", a ajouté le patron d'Airbus.

La réponse de la Commission de Bruxelles est attendue après cette nouvelle prise de position de Londres. Outre le Royaume-Uni, Airbus est particulièrement implanté en Allemagne, en Espagne et en France.

P.L avec AFP