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Bientôt des bus moins chers pour desservir l'aéroport de Beauvais

Flixbus a obtenu la fin du monopole des liaisons Paris-Beauvais du SMABT.

Flixbus a obtenu la fin du monopole des liaisons Paris-Beauvais du SMABT. - Juanedc - Flickr - CC

Le régulateur a cassé le monopole de l'unique compagnie de bus reliant Paris à Beauvais. Flixbus promet d'opérer la liaison pour une dizaine d'euros, soit 40% moins cher que le tarif actuel.

L'opérateur d'autocars Flixbus peut ouvrir une liaison entre Paris et l'aéroport de Beauvais-Tillé, et concurrencer ainsi l'unique ligne existante, exploitée en délégation de service public, selon une décision du régulateur du rail et de la route, l'Arafer, publiée mercredi.

Flixbus, qui en est à sa troisième tentative en 18 mois, propose de rejoindre l'aéroport en partant du château de Vincennes, à l'est de Paris, et non de la porte Maillot, à l'ouest, comme le fait la navette officielle de Beauvais-Tillé. Ainsi, l'Arafer estime, dans cette décision du 29 mars, que "le service déclaré par la société Flixbus France ne constitue pas une liaison similaire à celle du service conventionné", opéré par le groupe Transdev, et qu'il n'existe donc pas de risque concurrentiel.

40% moins cher que la navette actuelle

Flixbus s'est réjoui, dans un communiqué de presse, de cette décision, assurant que "les consommateurs seront les principaux bénéficiaires de cette ouverture à la concurrence", et promet un tarif d'une dizaine d'euros, "environ 40% moins cher que la navette actuelle". "Cette ligne ne pourra être lancée que si l'ensemble des conditions d'accès à l'aéroport est garantie et équitable pour tous: du tarif de la gare routière à la vente de billets sur site", prévient toutefois le directeur général de Flixbus, Yvan Lefranc-Morin, cité dans le communiqué.

Le régulateur avait été saisi par le Syndicat mixte de l'aéroport de Beauvais-Tillé (SMABT), qui exploite à la fois l'aéroport et la navette par autocar et qui estimait que la liaison envisagée par Flixbus "porterait une atteinte substantielle à l'équilibre économique du contrat de délégation de service public de l'aéroport".

Un monopole qui compensait les pertes de l'aéroport

"Le contrat de délégation de service public de l'aéroport de Beauvais présente une particularité: il porte à la fois sur l'exploitation de l'aéroport et sur l'exploitation de la navette routière le reliant à Paris. Les bénéfices commerciaux de la ligne viennent compenser les pertes d'exploitation de l'aéroport", a précisé une porte-parole de l'Arafer.

Le 29 mars, l'Arafer a également rendu un avis concernant la compagnie Starshipper - qui opère sous franchise Ouibus, filiale d'autocars de la SNCF. Celle-ci ne pourra pas exploiter une liaison entre la Porte Maillot à Paris et l'aéroport de Beauvais, puisque le point de départ est le même que celui de la navette conventionnée.

Aucun autre départ depuis Paris intra-muros

Les liaisons par autocar de plus de 100 kilomètres sont totalement libéralisées depuis la "loi Macron" d'août 2015, mais celles inférieures à 100 kilomètres doivent faire l'objet d'une déclaration auprès de l'Arafer. Les autorités en charge des transports peuvent alors saisir le régulateur afin de les limiter ou de les interdire, lorsqu'elles peuvent porter atteinte à l'équilibre économique du service public existant.

Ainsi, entre novembre 2015 et décembre 2016, la liaison entre l'Ile-de-France et l'aéroport de Beauvais-Tillé a fait l'objet de 23 déclarations auprès de l'Arafer par les compagnies Flixbus, Frethelle et Starshipper. Le SMABT a demandé l'interdiction des 19 qui prévoyaient un départ de Paris, pas de celles depuis et vers les aéroports de Roissy ou Orly.

N.G. avec AFP