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Ayrault écarte l'idée de l'entrée de l'Etat au capital de PSA

La perte de PSA Peugeot Citroën devrait être de 6 milliards d'euros

La perte de PSA Peugeot Citroën devrait être de 6 milliards d'euros - -

Jean-Marc Ayrault et Pierre Moscovici démentent que l'Etat puisse entrer au capital du constructeur. Pourtant Jérôme Cahuzac avait évoqué, ce vendredi 8 février, une possible intervention du FSI.

"S'agissant d'une participation au capital de cette entreprise, elle n'est pas à l'ordre du jour puisque PSA ne le demande pas. Il existe un outil, le FSI, qui peut, si nécessaire, participer au capital. Cette question n'a aujourd'hui pas été posée. Elle ne se pose donc pas", a affirmé, ce vendredi 8 février, Jean-Marc Ayrault.

Un peu plus tôt dans la journée, Pierre Moscovici avait déjà affirmé que "la participation de l'Etat au capital de PSA n'est pas à l'ordre du jour. Les dépréciations d'actifs n'impliquent en rien la nécessité d'une augmentation de capital".

Une hypothèse pourtant évoquée le matin au micro de BFMTV-RMC par Jérôme Cahuzac. Le ministre délégué au Budget n'avait pas exclu l'intervention du FSI ( Fonds stratégique d'investissement) dans ce dossier. "C'est possible, ne serait-ce que parce que le FSI existe. Si le Fonds stratégique d'investissement rentre au capital de cette entreprise, c'est en fait l'Etat d'une manière ou d'une autre qui y rentre. Soyons clair, cette entreprise ne peut pas, ne doit pas disparaître. Donc il faudra faire ce qu'il faudra pour cette entreprise".

PSA Peugeot Citroën s'achemine, en effet, vers une perte annuelle d'ampleur. Le constructeur a annoncé, jeudi 7 février, des dépréciations d’actifs de 4,7 milliards d’euros. Elles vont s'ajouter à la perte déjà attendue, que certains analystes chiffrent jusqu'à 1,4 milliard.

En effet, plombé par la chute de ses vente – elles sont tombées sous les 3 millions de véhicules l'an dernier et ont reculé de 17,5% en France et de 15% en Europe - le constructeur a pris les devants et dévoilé des dépréciations d’actifs massifs, en amont de la publication de ses résultats le 13 février.

3,89 milliards d'euros de dépréciations dans la branche automobile

La majeure partie de ces dépréciations (3,89 milliards) affecte la branche automobile. PSA va procéder à "un ajustement de valeur comptable sur les actifs de la division automobile qui traduira l'impact sur le groupe de la dégradation du marché européen", selon un communiqué du groupe publié jeudi 7 février.

En clair, sa vision des perspectives du marché automobile européen s'est encore dégradée depuis l'été dernier. PSA avait déjà passé pour 612 millions de dépréciations dans ses comptes du premier semestre, qui affichaient une perte nette de 819 millions.

Dans le détail, les 3,89 milliards d'euros de dépréciations dans la branche automobile comprennent un ajustement de valeur des actifs de 3,009 milliards d'euros et un ajustement de valeur nette des impôts différés de 879 millions, que le constructeur dit "réversible".

A ce montant s'ajoutent 855 millions liés à des dépréciations de stocks, une baisse de volumes de ventes ou encore au douloureux plan de restructuration en France.

PSA prévoit de supprimer plus de 8 000 postes dans l'Hexagone et de fermer en 2014 son usine d'Aulnay-sous-Bois, en région parisienne, pour réduire ses capacités de production trop importantes par rapport à ses ventes dans la région. Ceci ne se fait pas sans heurts: Aulnay est en grève depuis un mois à l'appel de la CGT.

Pas d'impact sur la trésorerie

Pour autant, PSA a assuré, jeudi soir, dans son communiqué que les dépréciations n'affectaient "ni sa solvabilité ni sa liquidité". "Ces dépréciations d'actifs sont sans impact sur la trésorerie".

"Nous avons un bilan assaini sur lequel nous pouvons bâtir l'avenir", a assuré Jean-Baptiste de Chatillon, directeur financier du groupe. Cela va aider à ses yeux le groupe à mettre en oeuvre son nouveau plan d'économies, "Rebond 2015", présenté en juillet et qui venait s'ajouter aux mesures d'économies et de cessions d'actifs déjà annoncées.

Le constructeur a maintenu ses prévisions à court et moyen terme: un "objectif de dette nette à fin décembre 2012, qui devrait s'élever à environ 3 milliards d'euros", une consommation mensuelle de liquidités divisée par deux et un retour de sa trésorerie opérationnelle à l'équilibre fin 2014.

Il a estimé que ces dépréciations ne devraient pas avoir d'incidence sur la notation du groupe par les grandes agences d'évaluation financière.

Diane Lacaze