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Avtovaz prévoit une importante recapitalisation

Les actionnaires d'Avtovaz pourraient décider d'une recapitalisation.

Les actionnaires d'Avtovaz pourraient décider d'une recapitalisation. - Alexey Druhinin - AFP

Le constructeur automobile russe connaît de grandes difficultés financières. Les actionnaires doivent se prononcer sur une recapitalisation de 85 milliards de roubles (1,1 milliard d'euros).

Avtovaz, contrôlé par l'alliance Renault-Nissan, est en sérieuses difficultés financières. Le premier constructeur automobile russe a donc annoncé que ses actionnaires comptaient le renflouer. Réunis en assemblée générale extraordinaire le 10 octobre, les actionnaires du constructeur des Lada seront appelés à approuver le lancement d'une recapitalisation de 85 milliards de roubles (1,1 milliard d'euros au cours de lundi), a-t-il indiqué dans un communiqué. Une première augmentation de capital de 25 milliards de roubles (345 millions d'euros) est prévue en décembre et Renault s'est dit prêt à en assurer la totalité.

Il s'agit de montants considérables au vu de la capitalisation boursière actuelle de l'entreprise, autour de 16 milliards de roubles (221 millions d'euros). Ces fonds doivent "permettre à Avtovaz de financer son expansion ainsi que de répondre à ses engagements financiers", a-t-il expliqué.

La prise de contrôle, effective en 2013, de l'industriel basé à Togliatti, sur la Volga, constituait un pari important pour Renault-Nissan à un moment où le marché russe atteignait des records.

Le pouvoir d'achat des Russes plombé

Mais les ventes de voitures neuves ont plongé de moitié depuis à cause de la crise économique qui a plombé le pouvoir d'achat des Russes, conséquence de l'effondrement des prix du pétrole et des sanctions occidentales dues à la crise ukrainienne. En dépit de mesures d'économies parfois critiquées par les pouvoirs publics russes, le constructeur a subi de lourdes pertes qui ont pesé sur les comptes de ses actionnaires.

Ces derniers, l'alliance Renault-Nissan et le conglomérat public russe Rostec, "ont confirmé leur intention de participer à cette recapitalisation pour aider Avtovaz à profiter pleinement du rebond du marché attendu", a précisé Avtovaz au sujet de la première étape prévue en décembre. "Si nécessaire, Renault est prêt à participer (à cette opération) jusqu'à 25 milliards de roubles", soit en totalité, a indiqué une porte-parole de la société française à l'AFP. Selon les calculs du journal économique Vedomosti, cette première opération devrait permettre à la marque française de voir sa part du capital passer de 37% à 70%.

Des tours de vis

Mais la recapitalisation n'est pas le seul élément pour qu'Avtovaz renoue avec les profits. Les effectifs ont déjà été divisés par deux depuis 2007. Et une nouvelle réduction est indispensable. Dans le même temps, il va falloir faire pression sur les fournisseurs pour payer moins cher les pièces détachées. Pour cela, Renault, Nissan et Avtovaz vont grouper leurs achats.

L'étape suivante sera la gamme Lada, qu'il faut renouveler. Le travail a déjà commencé avec la rénovation de la méga usine de Togliatti dans le sud de la Russie. Renault a installé sur ce site de 5 kilomètres de long sur 2 de large la même chaîne de montage que les Dacia Logan et Sandero. Mais les Russes sont comme les Européens: ils sont friands de Crossover. Lada va donc lancer le sien. Il bénéficiera du savoir-faire de l'alliance Renault - Nissan sur ce segment.

Le dernier point très important est la réduction de la dépendance d'Avtovaz au seul marché russe, beaucoup trop instable. Cap sur de nouveaux marchés avec comme première étape le Moyen-Orient et l'Afrique. Avant, peut-être, un retour de Lada sur le marché européen. Et au final, si tout se déroule comme prévu, Lada contribuera enfin à partir de 2018 aux résultats de Renault.

D. L. et M. S. avec AFP