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Autoroutes: ce que le gel des péages de 2015 va coûter aux usagers

Le gel de 2015 va être rattrapé sur la période 2019-2023

Le gel de 2015 va être rattrapé sur la période 2019-2023 - Valéry Hache - AFP

Dans un rapport publié ce mardi 6 décembre, le gendarme des transports explique que le gel des tarifs décidé l'an dernier par le gouvernement va se traduire, in fine, par un surcoût de 500 millions d'euros payés par les automobilistes sur les 20 prochaines années.

Une mesure contre-productive? Le gel des péages autoroutiers décidé par le gouvernement pour l'année 2015 va coûter 500 millions d'euros aux usagers sur les 20 prochaines années, selon un rapport du régulateur ferroviaire et autoroutier, l'Arafer, publié mardi.

"Au final, les usagers paieront de l'ordre de 500 millions d'euros de péages supplémentaires sur la durée restante des concessions (environ 20 ans) pour compenser le coût du décalage de cette hausse des tarifs", indique l'Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer) dans un communiqué de presse.

Un rattrapage plus fort

En 2015, en plein bras de fer entre l'État et les concessionnaires autoroutiers, un gel des tarifs avait été imposé, avec un rattrapage lissé sur la période 2019-2023. Le gouvernement avait alors assuré que ces décisions seraient neutres pour les automobilistes.

"Pour l'usager, ce rattrapage sur cinq ans se traduit par une augmentation des péages supérieure à celle normalement prévue au 1er février 2015: de +0,23% à +0,82% selon les concessionnaires", détaille l'Arafer.

Ces augmentations de péages, prévues pour compenser le gel, s'ajoutent aux hausses annuelles prévues dans les contrats entre l'État et ces sociétés, et qui sont indexées sur l'inflation.

500 millions en plus

"Elles généreront d'ici la fin de la concession (...) une recette supplémentaire de 500 millions par rapport à ce qu'elle aurait été si on avait appliqué en février 2015 l'augmentation contractuellement prévue", a expliqué le président de l'Arafer Bernard Roman lors d'un point presse.

Le conflit entre l'Etat et les sociétés concessionnaires avait commencé à l'automne 2014, après un rapport de l'Autorité de la concurrence qui faisait état d'une situation de "rente" pour ces sociétés depuis la privatisation de 2006, un calcul que contestent les sociétés.

Au plus fort de la crise, une résiliation pure et simple des contrats de concession avait été évoquée notamment par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal, mais cette piste n'avait pas été suivie par le gouvernement.

J.M. avec AFP