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Automobiles électriques : la guerre des citadines est lancée 

La Mini Cooper SE sera la première d'une grande vague de petites autos citadines, qui ont de grandes chances de briser la suprématie de Renault et Nissan sur le segment.

La Mini Cooper SE sera la première d'une grande vague de petites autos citadines, qui ont de grandes chances de briser la suprématie de Renault et Nissan sur le segment. - KEVORK DJANSEZIAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L'électrification des gammes des grands constructeurs se poursuit, avec une offensive à prévoir ces prochains mois sur le segment des petites citadines.

Sus à la Zoé et à la Leaf ! C'est sans doute le mot d'ordre chez les grands constructeurs mondiaux, qui vont tenter d'offrir une véritable alternative aux petites compactes électriques de Renault et Nissan, best-sellers réguliers du segment, notamment en Europe. Jusque-là la suprématie de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi n'a été ponctuellement bousculée que par Tesla et sa Model 3, de taille moyenne, mais la véritable bataille des mois à venir va se jouer sur le terrain des petits engins électriques urbains à forte valeur ajoutée.

C'est BMW qui va partir à l'assaut en premier, avec la sortie en tout début d'année prochaine de sa Mini Cooper SE. La célèbre petite citadine a désormais sa déclinaison 100% électrique, et reprend le moteur et certains éléments de la BMW i3, 1ère tentative du groupe de percer sur le marché du zéro émission. Mais malgré des qualités techniques et pratiques indéniables, cette dernière n'a jamais véritablement réussi à inquiéter la Zoé et la Leaf. 

La Mini s'électrise

La donne est sans doute appelée à changer avec la Cooper SE, tant le modèle est attendu. Cette attente est même la principale explication de la baisse de 2,8% des ventes de Mini sur l'année 2018. Mais avec 360.000 exemplaires vendus sur l'année, et des signaux dynamiques toujours encourageants, la petite marque urbaine de BMW compte sur la déclinaison électrique pour prévoir une nouvelle accélération, grâce aux qualités habituelles de design et d'image de Mini, mais aussi à une autonomie confortable pour une citadine (280 km) et un temps de recharge plutôt rapide (3 heures seulement sur une prise de courant ordinaire).

La Mini Cooper SE sera l'un des 14 nouveaux modèles électrifiés chez BMW attendus au terme de l'année, et sans doute l'un des fers de lance de la gamme sur les marchés européen et américain. A horizon 2025, BMW compte réaliser le quart de ses ventes grâce à des modèles électrifiés. 

Innover et séduire pour se démarquer

Un succès prévisible, tant le segment électrique de l'automobile a besoin désormais de produits attrayants et haut de gamme. Si ce type de motorisation a trouvé sa place dans les grandes berlines et gros SUV chez Tesla, Audi, Jaguar ou même chez les coréens Hyundai et Kia, le marché des citadines a lui aussi besoin d'un coup de fouet et d'une vraie montée en gamme.

Mini, par son image glamour, a les moyens de percer significativement et de bouleverser le marché, selon les analystes. D'autant que, comme le remarque le designer écossais Ian Callum (architecte de l'I-Pace de Jaguar), « Si l'on y prend garde, nous allons vers un marché où toutes les voitures électriques vont se ressembler ». La plus-value ira donc naturellement aux innovations design les plus séduisantes.

PSA et Fiat aux aguets

Mais la concurrence ne restera pas les bras croisés. Peugeot va sortir sa e-208 exactement au même moment, et ce modèle en particulier va être l'objet de toutes les attentions tant il est crucial pour confirmer les choix techniques que PSA prend pour l'avenir. Juste avant, en toute fin d'année, le moteur électrique et le châssis de la e-208 auront servi de base à la version E-Tense du petit SUV DS3 Crossback. Les premières tendances commerciales seront un indicateur scruté de près.

De son côté Fiat-Chrysler va devoir modifier complètement ses plans. Très en retard sur le sujet de l'électrification, Fiat va même être contraint d'accélérer sérieusement sur une version électrique de sa très populaire 500. L'ancien patron, Sergio Marchionne, n'a pas jugé bon d'en lancer une en Europe, alors même qu'une version électrique existe, mais uniquement pour le marché américain... et construite au Mexique !

La Honda e, séduisante outsider

Du fait de normes et de spécificités techniques différentes, impossible et trop coûteux pour Fiat de rapatrier la production en Europe. La nouvelle génération de Fiat 500 électrique sera donc produite en Italie, dans l'usine historique de Mirafiori, et sera vendue dès l'année prochaine. Le retard pris par Fiat sur le dossier sera sans doute compensé par la dynamique commerciale spectaculaire de la 500, qui reste le best-seller de la marque et la voiture la plus vendue de son segment. Une version électrifiée est, d'avance, promise à un succès commercial.

Restent les outsiders, et notamment Honda, qui souhaite lui aussi bousculer le marché avec une petite Honda e, dont le design rappelle beaucoup les premiers modèles de Civic des années 70. Une carrosserie néo-rétro, un intérieur épuré et soigné, des rétroviseurs-caméra comme chez Audi ou Lexus... Ce petit engin d'une autonomie d'un peu plus de 200 km souhaite lui aussi devenir une nouvelle référence en matière de petite voiture urbaine zéro émission. Les réservations sont ouvertes, et son lancement prévu l'année prochaine également.

L'avenir des citadines électriques se dessine autour de modèles qui tournent autour de quelques principes incontournables : une autonomie significative (250-300 kilomètres semblant devenir la nouvelle norme), un temps de recharge rapide (pour ne pas être forcément dépendant des systèmes de super-chargeurs, les prises de courant ordinaires étant plus abondantes et disponibles) et un bon niveau de praticité. Mais surtout, elles devront avoir une vraie plus-value design, une vraie identité forte, et devront être sexy pour se distinguer de la fadeur du segment. Renault et Nissan sont prévenus pour leur prochaine génération de Zoé/Leaf.