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Alstom: Macron dénonce une décision "brutale et condamnable"

Emmanuel Macron, en visite dans l'usine Alstom de Belfort en mai 2015.

Emmanuel Macron, en visite dans l'usine Alstom de Belfort en mai 2015. - Frédérik Florin- AFP

L'ancien ministre de l'Économie explique, dans un entretien à l'Est Républicain, avoir "mis la pression sur Alstom pour préserver l'emploi dans un contexte de surcapacité productive en France dans le ferroviaire" lorsqu'il était au gouvernement.

Le constructeur ferroviaire français Alstom a annoncé en milieu de semaine que la production de trains de son usine de Belfort serait "transférée" à Reichshoffen (Bas-Rhin) d'ici 2018, en raison d'une baisse globale des commandes. Une décision qu'Emmanuel Macron, ancien ministre de l'Economie, commente dans un entretien publié ce samedi dans l'Est Républicain.

"J'ai eu, régulièrement, au cours de mes fonctions de ministre, des relations avec les dirigeants d'Alstom. J'ai eu des échanges avec eux encore en juillet dernier, et il n'était absolument pas question de fermer Belfort", a expliqué Emmanuel Macron au quotidien régional, dénonçant une décision "soudaine, brutale et condamnable". 

Alors que l'Etat est actionnaire à hauteur de 20% du capital d'Alstom, Emmanuel Macron explique avoir "mis la pression sur Alstom pour préserver l'emploi dans un contexte de surcapacité productive en France dans le ferroviaire". Mais il reconnaît que la marge de manœuvre est limitée. "L'Etat a des droits de vote au capital, est présent dans la gouvernance (...) mais quelque actionnaire que ce soit, à hauteur de 20%, ne peut pas intervenir dans une décision de gestion", a déclaré lors d'un entretien téléphonique avec l'AFP Emmanuel Macron. "C'est à mes successeurs de s'exprimer sur ce point, mais ce n'est pas parce qu'ils ont 20% des droits de vote qu'ils peuvent empêcher (cette fermeture), sinon c'est de la gestion de fait".

Un contrat historique avec les Etats-Unis

L'ancien ministre dit également ne pas croire à l'hypothèse selon laquelle Alstom chercherait à faire monter la pression pour inciter l'Etat à lui passer des commandes. "Tous les clients étrangers exigent désormais que la production se fasse au moins en partie chez eux. Alstom doit s'adapter mais ne saurait le faire dans la précipitation et sans concertation", estime-t-il dans le quotidien.

Les 400 emplois créés par le contrat historique de 1,8 milliard d'euros décroché par Alstom le mois dernier aux Etats-Unis devraient ainsi être localisés dans l'Etat américain de New York, selon l'entreprise.

Le maire LR de Belfort, Damien Meslot, a écrit vendredi au président François Hollande pour lui demander d'intervenir auprès d'Alstom Transport afin d'"amener ses dirigeants à revenir sur leur décision" d'arrêter la production de trains dans l'usine de la ville d'ici à 2018.

Dans cette lettre ouverte, le maire rappelle que le gouvernement s'était "engagé à maintenir le site de Belfort", lors de la visite d'Emmanuel Macron sur place, en mai 2015, demandant à François Hollande "de faire respecter la parole donnée par (son) gouvernement".

C..C avec AFP