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Air France renonce à étudier la filialisation de sa maintenance

Air France cède face à son personnel

Air France cède face à son personnel - Éric Piermont - AFP

La direction a constaté "la forte émotion" des salariés et a décidé de renoncer à ce projet.

Air France renonce au lancement d'une étude sur la filialisation de son activité maintenance, devant la levée de bouclier en interne, d'après un courrier de la direction aux organisations salariales, consulté lundi par l'AFP.

Dans un courrier adressé dimanche aux syndicats, le nouveau directeur général d'Air France, Franck Terner, indique que "l'étude d'une éventuelle filialisation ne sera pas lancée", prenant acte de la "forte émotion" et de l'"inquiétude" du personnel.

L'étude devait être lancée prochainement pour voir si la valorisation en Bourse de l'activité de maintenance, actuellement rentable, pouvait offrir "des marges de manoeuvre plus importantes" en matière de financement, selon la direction.

"Privilégier un dialogue serein"

"L'objectif de développement et de valorisation de ce métier reste inchangé et fera l'objet de réflexions initiées dès le début de l'année prochaine" avec les syndicats, a indiqué lundi à l'AFP un porte-parole d'Air France-KLM, précisant que le groupe "souhaite privilégier un dialogue serein sur toutes les autres options".

Cette annonce intervient alors qu'une large intersyndicale (SUD-Aérien, CGT, FO, Unsa, CFDT) appelle les salariés à la grève jeudi contre la filialisation, avec des rassemblements prévus à Orly, Roissy et Toulouse.

Une séance du comité central d'entreprise (CCE) prévue ce même jour avait d'ores et déjà été déplacée de Roissy vers Paris, pour éviter tout débordement. Les syndicats doivent se réunir lundi pour décider de la levée ou non de la grève.

La crainte de la vente du métier

"Pour nous, c'est une victoire qui fait suite à la mobilisation massive des salariés", a commenté auprès de l'AFP Jérôme Beaurain de SUD-Aérien, premier syndicat à la maintenance. "L'étude est abandonnée mais pas le projet en tant que tel", a nuancé Mehdi Kemoune de la CGT. Il "exige l'engagement écrit de l'abandon total d'un quelconque projet de filialisation".

Les syndicats redoutent à terme une vente de la filiale et la perte du statut Air France pour le personnel. Mais pour Franck Terner, ancien patron de l'activité maintenance du groupe, il existe "un malentendu sur les objectifs poursuivis" car l'étude "ne visait ni à préparer une vente de l'activité ni à modifier les conditions d'emploi des personnels".

La statu quo, pas une option

Il affirme cependant que "le statut quo n'est pas une option" pour la maintenance d'AF-KLM, numéro deux mondial du secteur derrière l'allemand Lufthansa.

L'étude était une composante du plan stratégique "Trust Together" (la confiance ensemble), dévoilé début novembre par le PDG d'Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac.

Le groupe franco-néerlandais avait annoncé à cette occasion la création d'une compagnie à coûts réduits qui exploiterait les lignes moyen et long-courrier actuellement déficitaires sur Air France, avec des pilotes d'Air France volontaires (régis par des règles d'utilisation différentes) et un personnel de cabine recruté en externe.

J.M. avec AFP