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Air France dément la fermeture de ses bases en province

Air France ne compte pas fermer ses bases en province

Air France ne compte pas fermer ses bases en province - -

Ouvertes en octobre 2011, les bases d’Air France en province ne sont pas encore rentables. Mais la compagnie ne compte pas les fermer pour autant.

"La fermeture n’est pas à l’ordre du jour". Air France a fermement défendu, ce mercredi 2 janvier, ses bases de province.

La compagnie reconnait n'avoir pas encore atteint la rentabilité prévue, mais la compagnie aérienne assure ne pas renoncer à cette innovation et au contraire réajuste constamment son modèle.

Elle dément donc les informations du Figaro de ce mercredi qui rapportaient les propos d'un cadre non identifié de la compagnie. Selon cette source, Air France préparerait "dans la plus grande discrétion" leur disparition. Une annonce pourrait intervenir en septembre, ajoute-t-elle.

Un succès opérationnel

En difficulté face à la concurrence des compagnies low-cost, Air France a inauguré à l'automne 2011 à Marseille sa première "base de province". Le concept: baser sur place avions et personnels jusque-là concentrés à Paris pour desservir d'autres villes de province, l'étranger proche et aussi les liaisons sur Roissy-Charles-de-Gaulle.

Très vite, le nouveau PDG de la compagnie, Alexandre de Juniac, se félicite de "l'esprit de PME" qui s'est développé à Marseille, à l'opposé du fonctionnement plus lourd et un peu déshumanisé des aéroports de Paris. Comme prévu, les avions effectuent des rotations plus rapides, les équipes travaillent plus longtemps, les coûts baissent.

Deux nouvelles bases, Toulouse et Nice, ont été ouvertes au printemps 2012, ce qui a permis à la compagnie de transporter sur l'ensemble de l'année un million de passagers supplémentaires par rapport à 2011 sur ses trois bases.

Ce travail s'est révélé "être un succès opérationnel, dont les clients témoignent une véritable satisfaction", a assuré un porte-parole d'Air France.

Mais "sur le plan purement économique, les recettes des premiers mois ont été en retard par rapport aux objectifs", a-t-il reconnu. Air France avait prévu de générer un chiffre d'affaires de 950 millions d'euros à la fin 2012, le but n'a pas été atteint.

Moins de passagers que prévu

Pour Christian Magne, qui représente les actionnaires salariés au conseil d'administration, parler de fermeture est "absolument excessif" à ce stade de la réflexion "même si on peut imaginer quand le point sera fait qu'il puisse conduire à la fermeture d'une base, de deux ou de trois. Mais à ce stade ce n'est absolument pas une décision dont on pourrait dire qu'elle est dans le tuyau", insiste-t-il.

Selon l'administrateur, les nouvelles lignes créées au départ des bases de province ont attiré moins de passagers que ce qui avait été estimé. "La recette moyenne par passager (...) est un peu inférieure à ce qui était estimé", dit-il. D'où les réajustements, notamment des fermetures de lignes, des modifications de fréquences, et des modifications de tarifs. "On a appris à découvrir ces lignes nouvelles", poursuit Christian Magne.

Air France a dû aussi réagir à la contre-offensive des compagnies low-cost implantées en province - Easyjet, Ryanair, Vueling - et réajuster ses lignes et ses fréquences.

"Nous pilotons l'activité du projet Bases en fonction du résultat", dit-elle.

Diane Lacaze et AFP