BFM Business

Aéronautique: les équipementiers victimes des commandes record

Pour honorer les commandes record d'Airbus ou Boeing, les sous-traitants doivent se réorganiser. Et ce n'est pas toujours pour le mieux.

Le salon aéronautique de Farnborough ouvre ses portes ce lundi 11 juillet et ce jusqu'au 17 juillet. Avionneurs et équipementiers se retrouvent en Grande-Bretagne, et les observateurs s'attendent à une moindre moisson des commandes lors de cette saison. Pas un problème pour Airbus et Boeing qui affichent l'un comme l'autre des carnets de commandes record.

Par exemple, Airbus doit livrer près de 5.000 A320. Le constructeur n'a pas le choix, il a décidé d'augmenter les cadences de production. L'objectif est de livrer 60 appareils par mois en 2019, contre 42 aujourd'hui. Cette mesure va obliger toute la filière des sous-traitants et équipementiers à se réorganiser.

Vague de concentrations

Pour livrer dans les temps, les fournisseurs d'Airbus vont devoir se renforcer. Et cela passera par une vague de concentrations. La première opération attendue est le rachat de Zodiac par Safran, qui est bel et bien dans les tuyaux.

Les deux entreprises devraient en profiter pour opérer quelques modifications: Zodiac devrait se délester de la fabrication des sièges d'avion. Un métier où l'équipementier accumule les retards de livraisons depuis des mois. À l'inverse, pas question de se séparer des activités qui rapportent le plus, comme les toboggans d'évacuation et les masques à oxygène.

Plus généralement, c'est toute la filière qui va devoir revoir son organisation industrielle. Pour être en mesure d'augmenter les cadences, les usines devront être davantage robotisées. Ce qui réduira les besoins de main d'œuvre. Au final, les retombées en termes de créations d'emplois seront sans doute limitées.

Mathieu Sévin