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Xavier Niel et T-Mobile: pourquoi il choisit de s’attaquer au marché américain

Xavier Niel veut mettre la main sur T-Mobile US, quatrième opérateur sur le marché américain.

Xavier Niel veut mettre la main sur T-Mobile US, quatrième opérateur sur le marché américain. - -

La maison mère de Free a fait une offre pour prendre le contrôle de T-Mobile US, quatrième opérateur outre-Atlantique. Un pari ambitieux mais qui offre des perspectives de croissance qu’elle ne trouve plus dans l’Hexagone.

La France est-elle devenue trop petite pour Iliad ? Après avoir bousculé le marché de l’internet et du mobile dans l’Hexagone, Xavier Niel, fondateur d’Illiad, entend désormais s’attaquer au marché américain. L’opérateur a confirmé, le 31 juillet, avoir déposé une offre de rachat de l’opérateur T-Mobile US, détenu à 67% par Deutsche Telekom.

A l'ouverture de la Bourse de Paris, Iliad a plongé de 10%.

Pour mettre la main sur le quatrième opérateur américain, fort de 50 millions d’abonnés, Iliad offre 15 milliards de dollars pour racheter 56,6% du capital de l’américain. Ce qui valorise l’américain à près de 27 milliards de dollars (20 milliards d’euros), alors qu’Illiad pèse 12 milliards d’euros.

Pour une première aventure en dehors de l’Hexagone, Xavier Niel fait donc un paris ambitieux. Certes, le choix de T-Mobile fait sens puisque les deux opérateurs ont la même culture commerciale. A savoir briser les standards établis et casser les prix.

Ces deux dernières années, l’américain a commercialisé des forfaits deux fois moins chers que la concurrence, a lancé des offres sans mobile subventionné et propose depuis janvier de rembourser les frais de résiliation pour les clients qui veulent abandonner leur opérateur.

Un marché français figé

Mais surtout le marché américain et ses 320 millions de consommateurs reste encore plein de promesses. Les prix y restent élevés : il est courant de débourser 150 à 200 dollars pour un forfait mobile chez AT&T ou Verizon. De fait, les marges des opérateurs sont élevées : Verizon affichait une marge brute de 35% en 2013. 

Une situation en parfait contraste avec le marché français. "Free a été très agressif sur l’internet, puis sur le mobile, la 4G, on a un marché aujourd’hui qui est plutôt en décroissance dans son chiffre d’affaires", met en perspective sur BFM Business Frédéric Rozier, conseiller chez Meeschaert Gestion Privée.

Car les marges de manœuvre sont faibles, les positions semblent figées désormais entre SFR et Numericable, Orange et marginalement Bouygues. La consolidation du secteur semble être au point mort.

De plus, l’initiative de Free s’inscrit dans un mouvement de concentration à l’échelle mondiale. "Ce n’est pas la première fois qu’un opérateur américain sera racheté par un étranger. Sprint par exemple a été racheté par SoftBank, deuxième opérateur japonais il y a quelques années", explique Michel Combes, le PDG d'Alcatel Lucent à BFM Business.

C.C.