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Streaming vidéo 4K: les industriels se préparent au jackpot

Le consortium « HEVC Advance », détenteurs de brevets liés à la norme de compression vidéo très haute définition, réunit General Electric, Philips, Dolby et Mitsubishi, et Technicolor,

Le consortium « HEVC Advance », détenteurs de brevets liés à la norme de compression vidéo très haute définition, réunit General Electric, Philips, Dolby et Mitsubishi, et Technicolor, - Yoshikazu Tsuno-AFP

Les détenteurs de brevets sur la compression d'images vidéo 4K se sont unis pour réclamer 0,80 dollar par mobile vendu et 0,5% des revenus aux diffuseurs. Les gagnants seront Technicolor, GE, Philips, Dolby et Mitsubishi.

L'union fait la force et permet en l'occurrence de mieux valoriser ses brevets technologiques.

Plusieurs grands industriels réunis depuis mars 2015 dans l'alliance HEVC Advance, du nom de la norme de compression d'images adaptée à la vidéo très haute définition, ont récemment fixé une grille de tarifs propre à valoriser leurs brevets.

Selon le cabinet Exane, les royalties issues de cette technologie pourraient représenter d'ici dix ans, une manne de plus d'un milliard de dollars pour les industriels concernés.

Technicolor, qui a axé une partie de sa stratégie et de ses revenus sur les licences liées à son portefeuille de brevets, s'en trouvera fort aise !

L'alliance revendique un portefeuille de 500 brevets

Ensemble, le Français Technicolor, General Electric, Philips, Dolby et Mitsubishi, revendiquent la détention de 500 brevets sur la technologie de compression de flux vidéo HEVC/H.265, définie en janvier 2013.

Celle-ci s'apprête à connaître un décollage phénoménal avec l'essor de la diffusion de programmes vidéo en ultra haute définition. Elle a l'avantage de demander un débit réseau de moitié inférieur à l'actuelle technologie H264/MPEG-4, utilisée pour le streaming vidéo HD sur Internet, tout en offrant une qualité de visualisation de type ultra haute définition ou 4K.

Mais, les prix affichés par le consortium d'industriels sont de nature à faire grincer les dents de ceux qui devront passer à la caisse tels les fabricants de smartphones, de tablettes ou téléviseurs.

Selon la grille de tarifs affichée par le groupement d'industriels, il en coûtera 0,80 dollar par smartphone vendu et 1,5 dollar pour chaque téléviseur.

Les fabricants de box Internet, de console de jeu, de lecteur de disques Blu-ray ou les éditeurs de navigateur web, devront, quant à eux, s'acquitter d'une redevance de 1,1 dollar par unité vendue.

Les diffuseurs seraient taxés à hauteur de 0,5% de leur revenu

L'autre mauvaise nouvelle concerne les diffuseurs d'images vidéo qui recourent à cette technologie. Le consortium d'industriel a prévu de leur réclamer 0,5 % des revenus générés par cette utilisation.

Un des premiers concernés par cette future "redevance" est Netflix. Le géant américain ne prévoit-il pas que tous ses programmes originaux (telle la série "Marco Polo") soient désormais diffusés en streaming avec la qualité ultra haute définition ?

Les tarifs présentés cet été par l'alliance HEVC Advance devraient s'appliquer à partir de septembre 2015, à l'issue d'une réunion organisée à Tokyo, rassemblant utilisateurs et détenteurs des brevets concernés par les royalties. On peut imaginer que les discussions animées entre les deux parties, iront bon train...

Frédéric Bergé