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Station F constate que les start-up françaises ne s'en sortent "pas si mal que ça" face à la crise

Invité de BFM Business, Roxanne Varza, directrice du grand incubateur parisien Station F, souligne la résilience et la capacité d'adaptation des start-up hébergées.

Comment les start-up françaises ont-elles vécu le confinement et comment se préparent-elles à la crise économique qui se profile? Station F est le bon endroit pour se faire une idée de la situation avec ses 1.000 jeunes pousses hébergées. L'incubateur qui fête ses 3 ans a certes fermé pendant le confinement mais pour Roxanne Varza, sa directrice, les start-up ont bien résisté.

"Dans l'étude que nous avons faite (qui porte sur les start-up présentes à Station F mais pas seulement, NDLR) on a vu finalement que les start-up françaises sont potentiellement moins impactées que dans d'autres pays", explique-t-elle ce mardi sur BFM Business.

"En Allemagne, on a vu le plus de licenciements, même plus qu'aux Etats-Unis", notamment des start-up plus matures qui avaient déjà réalisé de premières levées de fonds. "Aux Etats-Unis on a vu des chiffres colossaux au niveau des licenciements. Je pense que le chômage partiel a très bien fonctionné en France et dans d'autres pays en Europe", souligne Roxanne Varza.

Des start-up françaises plus agiles

"Selon les chiffres qu'on a vu, oui", les start-up françaises s'en sont mieux sorties, "on a sauvé potentiellement plus d'emplois, on des start-up qui prévoient moins de fermetures, moins de licenciements d'ici la fin de l'année. Donc finalement (ce n'est) pas si mal que ça".

Roxanne Varza constate également qu'au contraire des jeunes pousses françaises, les start-up allemandes ont moins pivoté, c'est-à-dire ont moins adapté rapidement leur modèle économique à la crise. "Une fois qu'il y avait la crise, ils n'ont pas forcément changé quelque chose dans la stratégie", souligne la responsable.

"Comme les start-up de Station F sont assez jeunes, elles sont beaucoup plus agiles. Donc on a vu énormément de pivots, beaucoup qui ont changé leur stratégie, qui ont mobilisé des choses qu'elles ont développé pour faire autre chose", explique-t-elle. 

Preuve de cette résilience, les levées de fonds se sont poursuivies pendant le confinement, confirme la dirigeante. De quoi permettre à la France de conforter son avance en nombre d'opérations face au Royaume-Uni. Mais en sommes levées, "on a encore un peu de travail à faire".

Olivier Chicheportiche