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Qui est Elizabeth Holmes, la star de la Silicon Valley accusée d'escroquerie ?

L'américaine Elizabeth Holmes est accusée d'avoir escroqué ses investisseurs

L'américaine Elizabeth Holmes est accusée d'avoir escroqué ses investisseurs - JP Yim / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

L'américaine avait créé l'entreprise Theranos, censée révolutionner les tests sanguins. Le gendarme boursier américain a révélé mercredi qu'elle avait organisé une vaste escroquerie pour tromper ses investisseurs.

Elle était comparée à Steve Jobs. La chute est rude. À la tête de la start-up Theranos, l'américaine Elizabeth Holmes prétendait avoir révolutionné les tests sanguins. Mais le gendarme boursier américain (SEC) a révélé mercredi une escroquerie sophistiquée, destinée à tromper les investisseurs.

Pendant plusieurs années, la trentenaire et l'ancien président de sa société, Ramesh Balwani, ont exagéré ou menti à propos de leur technologie et les performances financières de Theranos. Ils ont réussi à lever plus 700 millions de dollars.

L'étoile déchue montante de la Silicon Valley 

Le parcours d'Elizabeth Holmes ressemblait pourtant à un conte de fées. Issue d'un milieu aisé, elle arrête ses études de chimie à l’université de Stanford en 2003 pour lancer son entreprise, Theranos. Elle n’a alors que n’a que 19 ans. La jeune femme promet des diagnostics de sang rapides et moins chers que ceux proposés par les laboratoires traditionnels. Sa méthode permet affirme-t-elle de réaliser des centaines d'analyses en quelques heures à partir d'une seule goutte de sang. Une affirmation depuis contredite par le SEC. 

À l'époque, ce procédé paraît révolutionnaire et la popularité de la trentenaire monte en flèche. Celle qui s'est installée à Palo Alto en Californie est à la tête de l’une des entreprises les plus prometteuses de la Silicon Valley. Elizabeth Holmes se rend sur tous les plateaux de télévisions dans le but de convaincre de nouveaux investisseurs et tient même une conférence TEDMED. En 2015, elle entre dans le classement Forbes des six des milliardaires américains âgés de 40 ans ou moins et apparaît dans celui des personnes les plus influentes du Time Magazine

La descente aux enfers

La même année, les premiers soupçons apparaissent. Une série d'articles publiés dans le Wall Street Journal affirment que Theranos utilise d'autres appareils pour pratiquer les tests sanguins, sous-entendant que les employés se méfient de l'efficacité de la technologie développée par la start-up. Le jour même, elle nie en bloc ces accusations sur la chaîne CNBC. "C'est ce qui arrive quand on travaille à changer le monde. Au début, ils pensent que vous êtes fous, ensuite ils vous attaquent", déplore-t-elle.

L'agence du médicament dénonce des "pratiques déficientes" en 2016. C'est le début de la descente aux enfers. Theranos invalide les résultats de milliers de tests et révèle être visée par diverses enquêtes menées par le SEC. Le 8 juillet, Elizabeth Holmes se voit interdire d'exercer son activité dans le domaine du diagnostic médical pendant deux ans, assortie d’une pénalité financière pour l’entreprise.

Interdiction de diriger une entreprise cotée pendant 10 ans 

La vérité a finalement éclatée ce mercredi. Selon le communiqué du SEC, le système vanté par Theranos "ne permettait de réaliser qu'une toute petite quantité de tests. La société réalisait l'immense majorité des tests des patients avec d'autres dispositifs fabriqués par d'autres" entreprises.

Elizabeth Holmes a accepté de payer une amende de 500.000 dollars. Elle doit désormais céder le contrôle de Theranos et n'aura plus le droit de diriger une entreprise cotée pendant 10 ans. Elle devra aussi rendre à Theranos les millions d'actions qu'elle détient dans la start-up, encore valorisée à près de 10 milliards de dollars en 2014. Son complice, Ramesh Balwani, sera poursuivi en justice par la SEC en Californie, est-il précisé.

Pauline Dumonteil