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Pour le patron de Tesla, le vrai danger n'est pas Google mais Apple

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- - Rebecca Cook - Reuters/ Google

"Au cours d'une conférence, Elon Musk a dit ne pas craindre Google qui n'est pas un fabricant automobile mais davantage Apple qui travaillerait en secret sur son propre modèle."

Elon Musk n'a pas peur de Google. Le patron de Tesla a beau être proche de Larry Page avec lequel il a, par le passé, conclu un accord secret au sujet d'un éventuel rachat en cas de pépin financier, il ne voit pas le géant de Mountain View comme un concurrent sérieux. C'est du moins ce qu'il vient d'affirmer lors d'une conférence organisée par le site Recode. 

"Google a réalisé un super boulot en montrant le potentiel des véhicules autonomes, mais ils ne sont pas un fabricant d'automobiles. Ils vont certainement donner des licences à des constructeurs, ce n'est pas un véritable concurrent."

Tesla voit donc Google comme un fournisseur de logiciels qui ne sera pas en mesure de concevoir une voiture de A à Z comme le fait Tesla. À l'instar de ce qu'il fait sur le marché du smartphone avec son système d'exploitation Android. Pour le moment, la société de Larry Page se contente il est vrai d'équiper des modèles de voitures qui existent déjà. Elle a d'ailleurs signé, début mai, un partenariat avec Chrysler-Fiat pour implémenter sa solution de voiture autonome sur le monospace Pacifica.

Apple arrivera trop tard?

En revanche, un autre géant de la tech inquiète bien davantage le patron de Tesla. Il s'agit d'Apple. Selon lui, la confrontation avec le créateur de l'iPhone "sera directe". Comme Tesla, Apple conçoit ses produits en intégralité sans s'associer avec des constructeurs tiers. Et la firme de Tim Cook devrait s'engager dans cette compétition en y mettant les moyens. Selon Morgan Stanley, elle consacrerait des sommes colossales à la R&D destinée à la future Apple Car. Elle embauche d'ailleurs à tour de bras dans l'industrie auto à commencer par Tesla. À tel point que Musk a surnommé Apple "la tombe de Tesla" pour se moquer du fait que la firme ne débaucherait que les mauvais éléments de son groupe.

Et si le patron de Tesla reconnaît qu'Apple marche sur ses plates-bandes, il pense que la firme ne fera pas le poids avant des années. 

"Je pense qu'ils ne pourront pas entrer en production avant 2020, ce qui risque de faire tard."

Tesla commercialise déjà depuis trois ans son coupé Model S et devrait lancer d'ici 2017 sa Model 3, plus abordable, trois ans, donc, avant l'hypothétique lancement de l'Apple qu'il prévoit pour 2020. Mais Musk reste malgré tout magnanime et assure qu'il est ravi, malgré tout, qu'Apple se lance sur ce marché.

"Je pense que c'est super ce qu'ils font et j'espère que ça va marcher pour eux."