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Orange inquiète les marchés malgré des résultats conformes aux attentes

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- - Lionel BONAVENTURE / AFP

Orange a cherché à résister à la guerre des prix en France mais il a perdu en dynamique commerciale. Ses ventes trimestrielles y ont reculé pour la première fois depuis 2 ans.

Les résultats publiés ce mardi par Orange n'ont pas rassuré les investisseurs malgré des ventes très légèrement supérieures au consensus des analystes publiée par l'agence Bloomberg et des objectifs confirmés pour l'exercice en cours. Malgré une légère progression du chiffre d'affaires au premier trimestre, à 10,18 milliards d'euros, les marchés se sont concentrés sur le recul de l'activité du groupe en France, son principal marché, et les effets de la pression concurrentielle tant dans l'Hexagone que sur son deuxième marché, l'Espagne. "Nous évoluons dans un environnement toujours très promotionnel dans nos principaux pays", a reconnu le directeur financier d'Orange Ramon Fernandez, lors d'une conférence de presse téléphonique, "mais nous affichons un chiffre d'affaires quasi stable avec un Ebitda (excédent brut d'exploitation, NDLR) en hausse de 0,7%", a-t-il insisté. Le groupe a pu augmenter la rentabilité de sa base de clients, en progression sur quasi tous ses marchés européens, en voyant s'accélérer notamment la croissance de sa part de abonnés convergents, c'est-à-dire à la fois fixe et mobile, des utilisateurs plus rémunérateurs et moins susceptibles de passer à la concurrence au gré des promotions. Pas suffisant aux yeux du marché cependant, qui a sanctionné Orange en Bourse avec une clôture en baisse de 2,92%. Les concurrents ont également été emportés par cette baisse : Bouygues (-4,5%), Iliad (-4,24%), Altice (-0,53%).

Guerre des prix en France

Si les résultats d'Orange sont conformes aux attentes, selon les analystes de Jefferies, ces derniers s'inquiètent avant tout du "contexte particulièrement compétitif" en France et en Espagne. "La guerre des prix reste extrêmement forte", a admis de son côté la directrice général d'Orange France, Fabienne Dulac, interrogée par la presse, "les périodes de promotions se sont allongées et accrues, on ne peut pas franchement parler d'apaisement en la matière. Nous ne sommes toujours pas, je pense, dans un monde rationnel à ce niveau." Conséquence, l'opérateur historique connaît une baisse de ses ventes dans l'Hexagone (-1,9%) pour la première fois depuis deux ans, malgré une progression, sur ce trimestre encore, de sa base de clients sur le mobile (+19.000), comme sur le fixe (+49.000, une hausse portée avant tout par la fibre où Orange recrute 168.000 clients supplémentaires).

Résultats mitigés en Espagne

En Espagne, le deuxième marché de l'opérateur, le chiffre d'affaires continue de progresser de 0,6% malgré une baisse des ventes sur le le mobile seul, qui est compensée tant par le fixe seul que par les offres convergentes. Un baisse d'abonnés mobile que les analystes de la Société Générale imputent à "la très forte compétition sur la partie basse du marché", mettant "la performance commerciale sous pression en Espagne" pour Orange. Signe de cette concurrence sur le mobile, le nombre de clients sur ce créneau est en recul de 59.000 alors que les abonnés convergents restent en forte hausse (+114.000). En Afrique et au Moyen-Orient, régions où le groupe compte le plus d'utilisateurs, les ventes progressent de 8,3% sur la période, portées tant par le fixe que par le mobile, ainsi que par une bonne croissance des usages internet et d'Orange Money, alors que la base clients globale reste quasi stable, à 120,38 millions de clients mobile. Orange profite en particulier des bonnes performances de ses filiales au Sénégal et en Egypte, en progression respective de +8,1% et +6,5%, alors qu'à l'inverse la Côte d'Ivoire se replie de 0,6%.

Partage de réseau à l'international

Au titre des perspectives, Orange confirme l'ensemble de ses objectifs pour l'exercice en cours. La direction dit toutefois s'attendre à une nouvelle année "agressive en termes de promotions en France". A l'international, l'opérateur se dit prêt à étudier les opportunités de partage de réseaux qui se présenteront dans les pays où il n'est pas numéro 1. Un accord en ce sens a par exemple été signé en Espagne avec le concurrent Vodafone. Il devra permettre, selon Ramon Fernandez, le directeur financier d'Orange, des économies de l'ordre de 800 millions d'euros sur 10 ans.

La rédaction avec AFP