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Martin Bouygues s’explique sur l’échec des négociations avec Orange

Martin Bouygues regrette l'attitude de l'un des opérateurs, que l'on devine être Free.

Martin Bouygues regrette l'attitude de l'un des opérateurs, que l'on devine être Free. - Joel Saget - AFP

"Alors que le rachat de Bouygues Télécom par Orange n’aura pas lieu, le PDG du groupe Bouygues pointe du doigt les exigences de l’État, mais surtout la mauvaise volonté d’un des quatre opérateurs."

L’échec des négociations en vue de la cession de Bouygues Télécom à Orange ne semble pas vraiment affecter Martin Bouygues, qui a tout de même regretté l’attitude d’un des acteurs de ce dossier.

Saluant "le travail très important de Stéphane Richard", le PDG d'Orange, qui a mené les négociations, il a ainsi observé que "si nous étions quatre à la table des négociations, nous n'étions que trois à vouloir aboutir", dans une interview publiée lundi dans Le Figaro.

"Les conditions d'une opération n'étaient tout simplement pas réunies", a-t-il déploré, après que son groupe et Orange ont annoncé vendredi la fin des négociations quadripartites menées depuis janvier.

"Manifestement, l'un des protagonistes nourrissait l'ambition d'avoir le maximum en payant le minimum, tout en gardant la possibilité de se retirer", a-t-il regretté sans vouloir donner de nom. Interrogé sur le fait de savoir s'il désignait Xavier Niel, le patron de Free, Martin Bouygues s'est contenté de répondre : "je laisse chacun libre de ses interprétations".

"Cette opération n'était pas vitale pour Bouygues Telecom"

Il a également détaillé les points de désaccord avec l'Agence des participations de l'État (APE), actionnaire de référence d'Orange, avec qui il a aussi mené des négociations, tout en expliquant que ces derniers n'étaient pas rédhibitoires. "Je souhaitais que Bouygues soit un actionnaire, certes minoritaire, mais significatif d'Orange" or "la vision de l'APE nous réduisait à un rôle d'actionnaire minoritaire, avec très peu de droits, tout en nous demandant de payer le prix d'une participation majoritaire".

"Cela dit, ce n'est pas cela qui a bloqué in fine l'opération", a-t-il nuancé. "Cette négociation-là, au niveau politique, aurait pu aboutir".

Martin Bouygues a en outre insisté sur le fait que "cette opération n'était pas vitale pour Bouygues Telecom". "Certains ont cru que je bluffais et que je négociais dos au mur", a-t-il déploré. Le patron de Bouygues a affirmé n'être "pas inquiet" sur l'avenir de Bouygues Telecom. "L'entreprise est parfaitement viable dans un marché à quatre", a-t-il assuré.

Y.D. avec AFP