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Les spationautes ne pourront plus se passer de ce robot français

Avec le système conçu par les chercheurs de l'Inserm et du Cnrs, un scientifique enseigne au robot Nao de nouvelles actions par démonstration physique, gestes qu'il sera ensuite capable de reproduire.

Avec le système conçu par les chercheurs de l'Inserm et du Cnrs, un scientifique enseigne au robot Nao de nouvelles actions par démonstration physique, gestes qu'il sera ensuite capable de reproduire. - CNRS

Nao, le robot conçu par les français d'Aldebaran va bientôt s'envoler dans l'espace pour assister les équipages  scientifiques de l'ISS. Un rôle crucial.

On connait le petit robot Nao comme hôte d'accueil dans des hôtels japonais ou, plus près de chez nous, comme conseiller clientèle chez Darty, comme coach sportif auprès de séniors dans des maisons de retraite, voire comme chroniqueur dans l'émission de Thierry Ardisson. Le voici désormais astronaute. Comme dans les meilleurs romans de science fiction, Nao va très bientôt intégrer l'équipage de la station spatiale internationale ISS. Mieux, grâce à une innovation technologique il pourrait même devenir le seul membre permanent dans l'espace.

Nao apprend auprès des astronautes

Certes, les missions spatiales nécessiteront toujours, pendant un bon moment encore, la présence d'humains. Aussi intelligents soient ils, les robots n'ont pas encore toutes les aptitudes pour vivre de façon autonome et surtout pour réagir face à des situations inédites. Conçu par les français d'Aldebaran (société rachetée par le japonais Softbank), Nao intéresse toutefois les scientifiques pour sa capacité à apprendre.

Des chercheurs de l'Institut cellule souche et cerveau de l'Inserm, sous la férule du CNRS, sont même allés plus loin en développant pour ce robot une mémoire autobiographique. Celle-ci lui donne la capacité d'enregistrer tous les événements qu'il a personnellement vécus, incluant le contexte dans lequel ils ont eu lieu. Cette mémoire permet de dater chaque souvenir, et de localiser les autres personnes présentes lors d'un événement. Chez un individu, cela participe à la construction de notre histoire personnelle.

Un trait d'union entre les équipages 

Chez Nao, la mémoire autobiographique va l'aider à assimiler un comportement coopératif pour pouvoir ensuite transmettre ses connaissances à d'autres individus. Un humain va ainsi enseigner au robot de nouvelles actions physiques qu'il sera ensuite capable de reproduire. L'idée consiste à transmettre des informations d'un équipage à l'autre, sachant que ces derniers sont relevés tous les six mois. L'exemple cité par l'Inserm porte sur le remplacement d'une carte électronique endommagée.

Nao va apprendre tout le processus de réparation pour que lors de l'une des missions suivantes, si un même événement se reproduit, il puisse assister le scientifique en lui montrant via un système vidéo, quelles actions reproduire. Il sera même capable de répondre aux questions sur l'événement qu'il aura vécu précédemment. 

Il enregistrera ainsi chaque panne ou chaque incident et surtout chaque tâche qui auront mener à la résolution du problème. Le petit humanoïde jouera alors le trait d'union entre les différents équipages, partageant les connaissances des nombreux scientifiques qui séjournent régulièrement dans la station spatiale. Reste à tester le volet opérationnel de Nao dans les conditions réelles d'un vol spatial, avec une gravité zéro. Allo Nao, ici la Terre.

Frédéric Simottel