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Les raisons qui ont conduit Apple à lâcher Bing pour Google

Satya Nadelle, CEO de Microsoft, Tim Cook, CEO d'Apple et Larry Page, CEO de Google.

Satya Nadelle, CEO de Microsoft, Tim Cook, CEO d'Apple et Larry Page, CEO de Google. - Drew Angerer, Stephen Lam et Justin Sullivan - AFP

Apple avait donné sa chance à Bing pour équiper ses iPhone pour les recherches effectuées avec Siri. Mais le pari est perdu pour Microsoft. Apple ouvre désormais totalement l'accès à son milliard d'appareils mobiles à Google, contre 3 milliards de dollars par an.

Depuis quelques jours, Microsoft avale des couleuvres. Après les aveux de Bill Gates concernant ses regrets sur Windows et son choix d'utiliser un smartphone sous Android plutôt que Windows Phone, c'est au tour d'Apple de porter un coup à la société de Redmond. Le fabricant de l'iPhone vient d'annoncer sa décision de ne plus faire appel à Bing, le moteur de Microsoft pour les recherches réalisées avec son assistant vocal Siri ainsi qu'avec Spotlight, son outil de recherche.

Désormais, ce sera Google, le maître incontesté du secteur, qui répondra aux questions sur iPhone, iPad, l'Apple Watch, HomePod, mais aussi sur les Mac. Grand prince, Apple laissera tout de même Bing gérer la recherche d'images dans Siri. Le groupe annonce aussi que ceux qui veulent continuer à utiliser Bing devront le préciser lorsqu'ils poseront une question à Siri: "Dis Siri peux-tu chercher sur Bing...".

Google dicte sa loi partout sur la planète

Officiellement, Microsoft s'en contente. "Nous apprécions notre relation avec Apple et nous sommes impatients de poursuivre notre partenariat", a déclaré un porte-parole du groupe dans un communiqué en ajoutant que depuis son lancement, la popularité du groupe ne cessait de grimper. Mais cette progression ne concerne que les PC sous Windows et seulement aux États-Unis où Microsoft revendique 33% du marché. Dans le reste du monde, et sur les appareils mobiles, c'est toujours Google qui fait la loi dans la recherche sur Internet.

Selon le cabinet StatCounter, Google s'est accaparé 92% de la recherche mondiale avec 87,1% aux États-Unis, 92% en Europe et 93% en Asie-Pacifique. En France, neuf recherches sur dix sont réalisées avec Google. Le géant de Mountain View ne laisse aucune place à ses concurrents qui forment un peloton de queue avec Bing, Yahoo!, Baidu et Yandex qui, malgré leurs efforts et parfois l'appui des autorités locales, ne se partagent que 8% de la recherche mondiale.

Pour Apple, l'abandon de Bing est le choix de la raison, mais c'est aussi une belle opération financière. Car pour devenir le partenaire du géant de Cupertino dont le pouvoir de séduction repose sur 1,2 milliard d'iPhone actifs dans le monde, Google paye le prix fort.

Selon un rapport publié cet été par le cabinet américain Bernstein, le groupe de Mountain View verse une fortune à Apple pour que ses services soient proposés par défaut sur les iPhone. La facture s’élèverait à 3 milliards de dollars pour 2017, soit 34% des recettes publicitaires de Google. Pour Apple, cette somme représente 10% du chiffre d’affaires de sa division services qui regroupe Apple Music, iTunes, Apple Pay et l'App Store, et 5% de son bénéfice opérationnel. Reste désormais à savoir si avec Google, Siri va pouvoir prendre le dessus sur Alexa (Amazon) et Google Assistant, ses concurrents dans la recherche vocale.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco