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Les assureurs ne sont pas préparés à la voiture sans conducteur

Les assureurs américains estiment que la voiture autonome n'aura pas d'impact sur leur business avant 2025

Les assureurs américains estiment que la voiture autonome n'aura pas d'impact sur leur business avant 2025 - Justin Sullivan-Getty Images North American-AFP

Les assureurs américains sont 74% à estimer qu'ils ne se sont pas préparés à l'arrivée de la voiture "autonome". Sondés par KPMG, ils n'en prévoient l'impact réel sur leurs affaires qu'en 2025.

La voiture sans conducteur n'est pas pour demain mais plutôt pour après demain, selon les assureurs américains. Pour ces derniers, la perspective de son arrivée sur le marché leur paraît tellement lointaine qu'ils ne s'estiment pas concernés pour l'instant, selon une étude de KPMG, le cabinet d'audit américain, réalisée auprès de cadres et dirigeants des sociétés d'assurance.

Ils sont 84% à estimer que les véhicules autonomes n'exerceront pas un impact significatif sur leur activité avant 2025, tandis que 42% en attendent un impact significatif dans six à dix ans.

En conséquence, près des trois quarts des assureurs (74%) estiment qu'ils ne sont pas préparés pour les véhicules autonomes aujourd'hui, alors que la Google Car a déjà fait son apparition sur certaines routes en Californie.

Seule une petite minorité (10%) a élaboré un plan stratégique pour faire face à leur impact.

Selon KPMG, les changements seront profonds pour l'assurance

Lorsqu'on leur demande quelles composantes de l'assurance vont le plus changer en raison de l'arrivée du véhicule autonome, les assureurs citent dans l'ordre, la responsabilité civile (94%), les dommages aux biens (52%) et aux personnes (29%). En outre, 71% croient que le coût des pièces de véhicules de remplacement sera plus cher.

Le scepticisme ambiant des cadres de l'assurance contraste avec l'analyse des experts de KPMG. Ceux-ci estiment que l'irruption de la voiture autonome va bouleverser rapidement tous les métiers liés à l'automobile.

"Le changement se produira plus vite que beaucoup ne l'envisagent, dans le secteur de l'assurance", estime Jerry Albright, directrice de la pratique actuarielles du risque et de l'assurance de KPMG.

"La technologie du véhicule autonome rend les voitures plus sûres ce qui exerce un impact sur les pratiques de souscription, la fréquence des sinistres, leur gravité. Pour rester pertinents à l'avenir, les assureurs doivent procéder aux ajustements nécessaires de leurs modèles économiques et de leur stratégie d'entreprise" ajoutent les consultants de KPMG.

Google est vu comme un fournisseur de données

Outre la technologie du véhicule autonome, la progression des pratiques comme l'auto-partage et l'essor des VTC comme Uber et Lyft, vont profondément bouleverser la structure du marché de l'assurance, prévient-on chez KPMG.

La part du marché des particuliers devrait ainsi baisser au profit des "lignes commerciales" (assurance des flottes de véhicules d'entreprise).

Enfin, les assureurs estiment que les firmes technologiques (Google, Intel,...) seront les acteurs les plus influents du marché de la voiture autonome (45%) devant les constructeurs automobiles (32%).

Sondés sur les différents rôles que Google pourrait jouer sur le marché, ils l'envisagent d'abord comme un fournisseur de données (87%), un revendeur de produits d’assurance (55%) voire, plus rarement, comme une compagnie d'assurances (23%).

Google ne les a pas attendu. Le géant du web a lancé outre-Atlantique, début 2015, un site Internet de comparaison d'assurances auto, avec lequel il est autorisé à revendre des polices de six assureurs dans 26 Etats américains.

Frédéric Bergé