BFM Business

Le plan de Cédric Villani pour faire de la France une championne de l'intelligence artificielle

Cédric Villani est candidat à la mairie de Paris.

Cédric Villani est candidat à la mairie de Paris. - JOEL SAGET / AFP

L’intelligence artificielle à la française sera européenne, éthique et centrée sur quatre secteurs prioritaires, d’après le rapport remis ce 28 mars par Cédric Villani.

Elle s’invite dans le quotidien des Français et promet de révolutionner bon nombre d’industries. L’intelligence artificielle suscite autant d’espoirs que d’inquiétudes. Ce 28 mars, le mathématicien et député LREM Cédric Villani a dévoilé son rapport intégralement consacré au sujet. En six grandes parties, le document avance des propositions pour faire de la France un champion de cette technologie prometteuse.

D'après le lauréat 2010 de la médaille Fields, la France dispose de tous les atouts pour exister pleinement sur la scène internationale. Néanmoins, les entreprises et réseaux académiques nationaux souffrent d’un "véritable manque de visibilité" et le "savoir théorique indéniable" des chercheurs français ne se traduit pas encore par l’émergence de grandes entreprises leaders.

Les classements internationaux montrent que "les pays les plus en avance sur le déploiement de l'intelligence artificielle, ce sont les Etats-Unis, la Chine, l'Angleterre, le Canada et Israël, et nous n'y sommes pas", a notamment déclaré le député sur France Inter, ce 28 mars.

Pour permettre à la France de faire valoir ses atouts dans ce secteur, le rapport préconise l'émergence d'un écosystème européen de la donnée, qui vise à favoriser son accès, son partage et sa circulation à travers les frontières. Le document identifie quatre domaines économiques où la France doit particulièrement concentrer son effort de développement de l’intelligence artificielle: la santé, les transports, l’environnement et la défense.

"Il n’est pas question ici de développer de l’IA pour elle même, comme une fin en soi, mais justement de canaliser cette énergie pour le développement d’applications, d’usages qui contribuent à améliorer notre performance économique ainsi que le bien commun", souligne le texte, en listant les exemples de la détection précoce de pathologies, de la disparition des déserts médicaux ou encore de la mobilité urbaine zéro émission. Pour servir ces ambitions, le rapport envisage le triplement du nombre de personnes formées à l’intelligence artificielle d’ici 2020.

L'éthique, au cœur du rapport 

Toujours plus présente dans les services que nous utilisons au quotidien, l'intelligence artificielle soulève des questions éthiques, également balayées par le rapport. Parmi les propositions les plus saillantes de la mission Villani sur le sujet, figure la création d’un Comité d’éthique sur les technologies numériques et l'intelligence artificielle, dont les recommandations pourraient servir de standards à l'industrie.

Le document insiste sur la vigilance à l'égard des "boîtes noires", ces systèmes algorithmiques opaques qui ne laissent pas entrevoir leur fonctionnement interne. Il souligne la nécessité d'accroître l'auditabilité de ces mêmes systèmes. "Dans un contexte où l’IA est susceptible de reproduire des biais et des discriminations, et à mesure de son irruption dans nos vies sociales et économiques, être en mesure "d’ouvrir les boîtes noires" tient de l’enjeu démocratique", juge Cédric Villani.

Pour compléter ces propositions, un discours d'Emmanuel Macron est attendu le 29 mars, en début d’après-midi. "J'annoncerai jeudi des mesures permettant à la France de conforter sa place comme l'un des leaders de l'intelligence artificielle dans le monde", a annoncé lundi soir le chef de l'Etat, lors d'un discours aux industriels français.

Elsa Trujillo