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Le marché prometteur des futurs éboueurs de l'espace

Les déchets autour de la Terre menace le tourisme spatial.

Les déchets autour de la Terre menace le tourisme spatial. - Terry Virts / NASA / AFP

De plus en plus d'entreprises se penchent sur la conception de technologies permettant de détecter avec précision les déchets gravitant autour de la Terre. Une tâche indispensable avant d'envisager leur récupération. Au final, c'est l'avenir du tourisme spatial qui est en jeu.

Avec des projets toujours plus ambitieux et un nombre croissant de candidats au départ, le tourisme spatial a de beaux jours devant lui. Preuve en est le récent contrat conclu entre deux particuliers et la société américaine SpaceX pour un vol autour de la Lune prévu fin 2018. "C'est l'opportunité pour des humains de retourner dans l'espace profond pour la première fois en 45 ans et ils voyageront plus vite et plus loin au cœur du Système solaire que quiconque auparavant", avait déclaré l’entreprise dans un communiqué.

Un élément pourrait toutefois contrarier les plans de SpaceX, Virgin Galactic et consorts. Comment envoyer des touristes par milliers dans l'espace alors que des centaines de milliers de déchets qui gravitent en continue autour de la Terre à une vitesse de 8km par seconde font planer le risque d’une collision avec un satellite ou une fusée?

Cette prolifération constitue déjà une plaie pour les opérateurs de satellites qui, faute de données ultra-précises, sont constamment obligés de modifier la trajectoire de leurs engins pour éviter qu’ils ne croisent la route de déchets orbitaux, comme l’explique Bloomberg.

L'essentielle détection des déchets spatiaux

Dès lors, de nombreuses entreprises voit dans la récupération des débris spatiaux une source certaine de profits. Elles investissent à ce titre dans la conception de systèmes novateurs capables de suivre et localiser précisément les déchets orbitaux. En Californie, la start-up LeoLabs, vient de lever 4 millions de dollars auprès d’investisseurs tels que SRI International -anciennement le fonds de l’université de Stanford à l’origine de SIRI racheté depuis par Apple- ou Airbus Ventures, le fonds de capital-risque d’Airbus Group destiné à "investir dans des opportunités commerciales innovantes et prometteuses à travers le monde".

LeoLabs a considérablement modernisé ses services de cartographie spatiale au fil du temps. Elle affirme aujourd’hui suivre à la trace 13.000 objets. Amené à être élargi, son réseau de radars devrait être capable d'identifier le parcours de 250.000 objets. Lockheed Martin, une société spécialisée dans la défense et la sécurité, a de son côté conclu un contrat d’un milliard de dollars avec l’Armée de l’Air américaine pour mettre au point une nouvelle génération de radars baptisée "Space Fence" et capable de suivre jusqu’à 200.000 objets.

Si le marché de la localisation des débris orbitaux semble porter ses fruits, il en va tout autrement des méthodes qui permettraient de nettoyer l’espace. Et pourtant, ces méthodes existent mais elles restent extrêmement coûteuses, d’après Slate qui explique "qu’une mission pour entraîner un débris usagé dans l’atmosphère terrestre coûterait environ 300 millions d’euros".

Paul Louis