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Le gérant américain Gabelli perd son procès contre Vivendi

La note à payer pour Vivendi dans l'affaire de la class action pourrait être réduite

La note à payer pour Vivendi dans l'affaire de la class action pourrait être réduite - -

Le fonds réclamait 3,5 millions de dollars devant un tribunal new yorkais, en se basant sur la condamnation de Vivendi il a trois ans dans la class action.

Bonne nouvelle sur le front judiciaire pour Vivendi. Le gérant de fonds américain Gabelli et sa filiale Gamco ont perdu leur procès contre le groupe français, a indiqué ce dernier mardi 5 mars au soir.

Le gérant, qui avait acheté des actions Vivendi sous l'ère Messier, réclamait 3,5 millions de dollars de dommages et intérêts devant un tribunal new yorkais.

A priori, l'affaire semblait bien engagée pour le plaignant. En effet, en 2010, Vivendi a été reconnu coupable de déclarations "fausses ou trompeuses" par le même tribunal, dans le cadre d'une class action (action de groupe). Gabelli avait préféré ne pas se joindre à cette action collective, et engager une procédure séparée. Toutefois, il pouvait quand même se prévaloir du verdict de la class action, et notamment du montant des dommages (11 euros par action au maximum).

Mais le procès, qui s'est tenu mi-février, n'a pas tourné à l'avantage du fonds. D'abord, son patron, Mario Gabelli, a fourni un témoignage "pas crédible", a estimé la juge Shira Scheindlin.

Crise attrayante

Surtout, le fonds n'a pas démontré qu'il avait été induit en erreur par les déclarations "fausses ou trompeuses" de Vivendi, destinées à masquer sa crise de trésorerie. En effet, le fonds se vantait d'investir dans des sociétés selon sa propre méthode de valorisation, qui"était totalement indépendante du cours de bourse ou des problèmes de trésorerie", indique le jugement.

Dès lors, peu importait que le cours de Vivendi soit ou non faussement gonflé par ses déclarations inexactes. "Pour Gabelli, la crise de liquidité de Vivendi rendait son action encore plus attrayante. Si Vivendi n'avait pas effectué ses déclarations fausses ou trompeuses, Gabelli aurait sans doute investi encore plus dans Vivendi", estime le jugement.

C'est d'ailleurs ce que montrent les achats réalisés par Gabelli. Au premier semestre 2002, au moment où la crise de trésorerie était la plus aïgue, Gabelli a doublé ou triplé le nombre d'actions Vivendi qu'il détenait. Et le 2 juillet 2002, au lendemain de la dégradation de la note de la dette par Moody's et Standard & Poor's, le fonds a même acheté 312.000 actions supplémentaires.

Effet collatéral

Pour Vivendi, cette victoire n'est pas très importante financièrement, car le montant en jeu était modeste (3,5 millions de dollars). Mais elle pourrait avoir un impact important pour la suite de la class action. En effet, dans cette procédure, le jury a bien condamné Vivendi il y a maintenant trois ans, mais les plaignants n'ont toujours pas reçu un centime. Le tribunal collecte actuellement les demandes d'indemnisation des plaignants, qui doivent être envoyées avant le 9 mai.

"Une fois ces demandes d'indemnisation collectées, Vivendi pourra en contester certaines sur les mêmes fondements que ceux retenus dans l'affaire Gabelli, explique Me Hervé Pisani, avocat de Vivendi. Ainsi, certains des plaignants dans la class action, par exemple des investisseurs institutionnels, dont la stratégie d'investissement n'était pas directement liée au cours de bourse de Vivendi, n'auront pas droit à indemnisation. Cela permettra en toute hypothèse de réduire le coût pour Vivendi, indépendament de l'appel à venir".

Jamal Henni