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La levée de fonds record de Deezer

Deezer revendique 20 millions d'utilisateurs dont plus de 2 millions d'abonnés payants

Deezer revendique 20 millions d'utilisateurs dont plus de 2 millions d'abonnés payants - -

La plateforme d’écoute de musique en ligne a annoncé ce 8 octobre avoir levé 100 millions d’euros. Une levée d'argent frais qui bouleverse l’équilibre de l’actionnariat, modifie les perspectives du groupe et peut-être, son business modèle.

100 millions d’euros : le montant obtenu par Deezer à l’issue de sa levée de fonds constitue un record en France pour ce type d’entreprises. Un grand pas en avant pour le site de musique en streaming. Voici les principaux enjeux de cette opération.

Le business-model Deezer gagne en crédibilité

Depuis 2007, le site dirigé par Axel Dauchez n’avait pas levé plus de 15 millions d'euros. En levant plus de cinq fois cette somme en une seule fois, Deezer montre que son business-model donne confiance et appétit aux investisseurs. L’entreprise, dont le chiffre d’affaires a crû de 30% pour atteindre 70 millions d’euros, est désormais valorisée à plus de 500 millions.

Cet argent frais va lui permettre de s’internationaliser et d'augmenter ses effectifs, qui devraient atteindre à terme 200 salariés. Le site compte ainsi se développer dans 200 pays, notamment en Europe, mais aussi sur les marchés émergents. En revanche, Deezer n’entend pas mettre les gros moyens dans l’immédiat aux Etats-Unis et au Japon, des terres déjà colonisées par son concurrent direct, Spotify.

Le site fait face à la concurrence

La société web, âgée de sept ans, est en concurrence direct avec son cadet d’un an, le suédois Spotify. Ce dernier avait même pris un peu d’avance. Le rival du Français a bénéficié en 2011 de 100 millions d’euros de capitaux frais. Presque intégralement apporté par le co-fondateur et dirigeant de Digital Sky Technologies, un fonds d’investissement russe qui n’investit que dans des sociétés internet. Réputé pour avoir le nez creux, il fût l’un des premiers à miser sur Facebook. Avec une levée de fonds identique, Deezer peut jouer à armes égales avec son concurrent. Et peut-être même dispose-t-il d'un atout supplémentaire…

Une maison de disques comme partenaire

Cette levée de fonds a été presque entièrement souscrite par un seul acteur : le milliardaire russo-américain Len Blavatnik. Il est également connu pour être le propriétaire du fonds Access Industry, qui s’est payé Warner Music l’année dernière.

Finalement le site d'écoute en ligne a fait entrer une major à son capital. Un partenaire idéal. On peut en effet présumer que Deezer va bénéficier de droits exclusifs sur le catalogue de Warner, que son internationalisation sera rendue plus aisée par la notoriété mondiale de son nouvel actionnaire, et qu'il va séduire davantage les publicitaires. L'autorité de la concurrence pourrait toutefois y voir à redire.

Un actionnariat qui change de visage

Orange, actionnaire à 11% de la plateforme depuis l’été 2011, n’a pas participé à ce tour de table. L’opérateur voit donc sa participation diluée à 8-9%. Il était pourtant un partenaire important pour Deezer : sur 2 million d’abonnés, la moitié serait constituée de clients Orange bénéficiant des offres musique de leur forfait téléphone.

Nina Godart