BFM Business

Kickstarter vient secouer le financement participatif en France

Depuis sa création par Yancey Strickler, PDG et co-fondateur, Kickstarter a permis de lever 1,7 milliard de dollars auprès de 8,5 millions d'internautes.

Depuis sa création par Yancey Strickler, PDG et co-fondateur, Kickstarter a permis de lever 1,7 milliard de dollars auprès de 8,5 millions d'internautes. - Paul Getty Images AFP

Le poids lourd américain du financement participatif en ligne débarque en France. Kickstarter arrive sur un marché mature où sont déjà actifs plusieurs acteurs français.

Le site Internet Kickstarter va pouvoir servir au financement des start-up ou des projets directement domiciliés en France. Les lanceurs de projets français pourront lever des fonds en euros à partir du 27 mai par son intermédiaire.

Auparavant, il leur fallait disposer d'une structure immatriculée aux Etats-Unis et y disposer d'un compte bancaire.

Son arrivée dans l'Hexagone était attendue, sachant que plusieurs acteurs sont déjà actifs sur ce créneau comme Ulule ou Kiss Kiss Bank Bank.

Basé à New York, et fondé en 2009, Kickstarter permettait au départ à des créateurs d'obtenir des financements pour leurs projets auprès des internautes, en échange de contreparties.

Au fil du temps, le site s'est orienté vers le financement de projets technologiques. Le cas échéant, leurs créateurs promettent une "récompense" ou une contrepartie consistant, par exemple, à recevoir l'un des premiers produits réalisés dans le cadre du projet, qu'on peut assimiler à la pré-vente de produits ou services.

Les créateurs de projets fixent un objectif de levée de fonds avec une échéance calendaire, et ne touchent de l'argent que si cet objectif financier est tenu.

La plate-forme américaine prélève 5% des montants versés

C'est le cas jusqu'ici pour 44% des projets présentés, selon Kickstarter, qui se finance en prélevant des frais correspondant à 5% des montants effectivement versés aux fondateurs des projets.

La puissance de la plate-forme américaine est de disposer d'une audience planétaire permettant à un créateur de collecter des fonds auprès d'internautes venus du monde entier.

Plusieurs sociétés françaises n'ont pas hésité à franchir l'Atlantique en sollicitant Kickstarter sans attendre que le site ouvre un bureau en France. Ce fut le cas de Squadrone System pour un projet de drone ou de Lima qui avait recolté en 2013, 1,2 million de dollars pour un projet de logiciel de collecte de données de tous les appareils électroniques possédés par un particulier.

Un classement réalisé il y a un an montrait que la grosse majorité des projets sur Kickstarter provenait des Etats-Unis (663,3 millions de dollars), suivis par le Royaume-Uni (54,4 millions) et le Canada (44,9 millions).

La France arrivait en sixième position avec 10,1 millions de dollars promis.

Depuis sa création, Kickstarter a levé des financements d'au total 1,7 milliard de dollars auprès de 8,5 millions de personnes, ce qui a financé 84.000 projets.

Frédéric Bergé