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Impôts: Orange grogne contre Google

"Je veux que ces gens paient des impôts comme nous", martèle Stéphane Richard.

"Je veux que ces gens paient des impôts comme nous", martèle Stéphane Richard. - Thomas Bregardis - AFP

Le PDG d'Orange ne comprend pas que Google et d'autres géants de l'internet américain fassent du chiffre d'affaires en France et ne paient pas d'impôts.

Stéphane Richard tape du poing sur la table. Le PDG d'Orange a souhaité, dimanche 1er février, que l'Union européenne impose aux géants de l'internet américains tels que Google, les mêmes règles qu'aux opérateurs européens, en matière fiscale, concurrentielle et de protection des données personnelles.

"Il n'est absolument pas acceptable que Google fasse à peu près (...) un milliard d'euros de chiffre d'affaires en France, et ne paie pas d'impôts", a déclaré le patron de l'opérateur téléphonique dans l'émission Le Grand Jury de RTL/LCI/Le Figaro.

"Je veux que ces gens paient des impôts comme nous, là où ils font du chiffre d'affaires et là où ils créent de la richesse, sur nos marchés, dans nos pays", a-t-il affirmé.

"Deuxièmement, je souhaite que la régulation qui nous touche sur des sujets très sensibles comme la protection des données personnelles, leur soit appliquée", a poursuivi Stéphane Richard, faisant référence, outre Google, aux géants américains Facebook, Amazon et Apple.

"Troisièmement je souhaite que des règles anti-concurrentielles que nous subissons (...) depuis 20 ans, leur soient appliquées, et que l'on traque chez eux les pratiques anti-concurrentielles, car il y en a", a-t-il dit.

"Il faut que l'Europe ait un agenda digital"

"Où est le problème concurrentiel ?", s'est interrogé le PDG d'Orange, observant que Google affiche "97% de parts de marché dans les moteurs de recherche sur internet" et équipe "les 2/3 des smartphones de la planète".

"Est-ce qu'il est du côté des 100 opérateurs européens, ou est-ce qu'il n'est pas plutôt du côté de Google ?", a-t-il martelé. Les règles actuelles de la concurrence en Europe sont "à revoir profondément", a estimé Stéphane Richard, appelant à rompre avec "la politique anti-trust" menée depuis 30 ans par l'UE, "qui a bloqué des concentrations au nom de l'idéologie de la concurrence".

"Il faut que l'Europe ait un agenda digital, qui lui permette notamment de construire les réseaux dont elle a besoin, (et cela) suppose que l'industrie des télécoms soit forte, ce qui n'est pas le cas actuellement" a-t-il jugé, tout en se disant "optimiste". "Nous avons une nouvelle Commission européenne, un nouveau commissaire au numérique, un Allemand (Günther Oettinger), que j'ai rencontré la semaine dernière à Bruxelles, qui me semble avoir des idées très saines", a affirmé Stéphane Richard.

D. L. avec AFP