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GoEuro, le spécialiste du voyage européen, séduit Goldman Sachs

Le siège de Goldman Sachs à Manhattan aux États-Unis.

Le siège de Goldman Sachs à Manhattan aux États-Unis. - Spencer Platt - AFP

La plateforme qui permet de comparer et réserver ses voyages en train, bus et avion dans toute l'Europe, vient de lever 45 millions de dollars auprès d'un investisseur renommé, la banque américaine Goldman Sachs.

45 millions d'euros. Voici le montant que vient de lever GoEuro auprès d'un pool d'investisseurs mené par la prestigieuse Goldman Sachs. L'Américaine qui ne gérait encore récemment que les patrimoines d'au moins 10 millions de dollars est la banque d'investissement la plus puissante au monde. Autant dire que le bénéfice va bien au-delà du simple apport de fonds pour la start-up allemande.

Pour rappel, GoEuro permet de comparer, pour tous les voyages en Europe, le moyen de transport le moins cher, le moins long, le plus adapté entre le train, le bus et l'avion. Les voyageurs peuvent réserver leur billet via la plateforme internet ou l'application.

En France, son trafic a explosé grâce à la libéralisation du transport en autocar instaurée par la loi Macron. Mais son site français n'est pas encore aussi complet qu'ailleurs, et l'équipe mise justement sur cette levée de fonds pour se développer dans l'Hexagone, deuxième plus grand marché du continent après l'Allemagne.

Goldman Sachs s'applique ses propres conseils

Plus globalement, le marché européen et ses 400 millions d'habitants qui dépensent 150 milliards d'euros pour se déplacer chaque année est colossal. Or Goldman Sach semble persuadé du leadership à venir de GoEuro. Le site "a indubitablement fait progresser l’industrie touristique du 21ème siècle en développant ce secteur jusque-là inexploité", souligne ainsi le représentant de la banque, Christopher Dawe, dans le communiqué. Christopher Dawe ajoute avec emphase qu'"aucune autre plateforme de recherche et réservation de voyages en ligne n’existe, autrement que dans l’industrie aérienne", omettant au passage l'existence de concurrents sérieux comme Kelbillet, Comparabus, Checkmybus, Vivanoda ou Busradar.

Reste que voir figurer le nom de Goldman Sachs aux côtés d'autres investisseurs comme Atomico, l'un des premiers à parier sur Skype, constitue un très bon signe pour le futur de l'entreprise. Notamment parce qu'elle va bénéficier de son réseau mondial pour y dégoter de nouveaux partenaires ou clients potentiels.

Goldman Sachs, elle, montre l'exemple en s'appliquant les conseils qu'elle donne à ses clients fortunés. En 2014, elle leur avait recommandé d'investir davantage dans les actifs européens, estimant qu'ils allaient offrir les performances les plus attractives, à court et à long terme. Elle a elle-même commencé début 2015, en participant à la levée de fonds de la start-up française Talentsoft. Mais le total du montant récolté par l'entreprise de digitalisation des solutions RH n'avait pas dépassé 25 millions d'euros.

Nina Godart