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Comment Withings veut devenir un acteur incontournable des données médicales

La marque française d'objets de santé connectés vient de lever 53 millions d'euros pour poursuivre sa croissance aux Etats-Unis où l'utilisation des données médicales personnelles prend un véritable essor.

Douze ans après sa création Withings n'a cessé de se transformer pour finalement devenir une quasi biotech. Pèse-personnes connectés, montres équipées de cardiofréquencemètre, systèmes d'analyse du sommeil... l'entreprise tricolore, un temps cédée à Nokia avant d'être reprise par son fondateur Éric Carreel, développe tout un écosystème d'appareils qui récupère et analyse les données de santé. Avec un objectif : détecter des pathologies le plus en amont possible.

Mais Withings veut aller encore plus loin en ouvrant l'accès de ces données aux professionnels de la santé : médecin, chef de service d'un hôpital, ou chercheurs. L’ambition de l'entreprise est de développer une médecine du quotidien, et permettre un suivi permanent, par exemple dans le traitement de certains cas de diabète. "La communauté médicale va prendre soin de nous, pas uniquement quand on est un cabinet médical mais aussi dans notre vie quotidienne" résume Éric Carreel, invité sur le plateau de Good Morning Business ce mardi.

Verrou "règlementaire et culturel",

Un chemin difficile à prendre en Europe et particulièrement en France où il existe encore un verrou "règlementaire et culturel", reconnait Éric Carreel. L'entreprise a donc décidé de lever 53 millions pour poursuivre sa croissance avant tout aux Etats-Unis où l'usage de ces données médicales est déjà en vogue. L'idée étant évidemment de devenir incontournable dans cet usage.

Et Withings peut se faire une place au soleil. "Dans les données de santé vraiment de qualité médicale, il n'y a pas tant de monde que cela" indique Eric Careel. Après les Etats-Unis, ce sera au tour de l'Europe de céder aux sirènes des données médicales. Mais pas avant au moins deux ans, croit savoir le patron Withings.

Jean-Baptiste Huet avec Thomas Leroy