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Comment le Crédit impôt recherche a dopé les embauches de chercheurs

Le nombre de chercheurs en entreprises par rapport à la population active a augmenté de 23% entre 2008 et 2013 en France, selon une étude de l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT

Le nombre de chercheurs en entreprises par rapport à la population active a augmenté de 23% entre 2008 et 2013 en France, selon une étude de l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT - Emmanuel Grimault-CNES-AFP

Le nombre de chercheurs travaillant pour les entreprises a augmenté de 23% entre 2008 et 2013. Cette croissance supérieure à celle observée en Allemagne, au Japon et aux États-Unis est à mettre au crédit du crédit impôt recherche selon une étude de l'Association nationale de la recherche et de la technologie.

Les entreprises françaises emploient toujours plus de chercheurs. La France comptait en 2013 (dernier chiffre connu) 5,7 chercheurs salariés du privé pour 1.000 actifs, soit 23% de plus qu'en 2008, selon une étude de l'Association nationale de la recherche et de la technologie (ANRT). Celle-ci impute directement cette réussite au crédit d'impôt recherche (CIR) et notamment à un dispositif de cette niche fiscale qui génère 1.300 embauches de docteurs chaque année dans les entreprises. "L'effet positif sur l'emploi scientifique dans les entreprises présentes sur le territoire français est indiscutable", affirme l'association.

Certes, de nombreux pays "ont, eux aussi, pris des mesures pour encourager ces embauches" mais "depuis 8 ans, la réglementation du CIR n'a évolué qu'à la marge", estime l'ANRT qui a basé ses calculs sur des chiffres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Résultat: le nombre de chercheurs par rapport à la population active n'a progressé que de 14% au Royaume-Uni, de 10% en Allemagne, de 9% aux Etats-Unis. Il a même reculé de 0,1% au Japon.

Importante niche fiscale bénéficiant aux entreprises, le CIR permet aux entreprises de déduire de l'impôt sur les sociétés 30% de leurs investissements en recherche et développement, dans la limite de 100 millions d'euros d'investissements (et 5% au-delà). Son montant a grimpé en flèche depuis 2008, dépassant les 5,5 milliards d'euros en 2014.

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Grâce à ce coup de pouce fiscal, le coût d'un chercheur en France est bien inférieur à son homologue aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne en Australie, au Canada ou au Japon, estime l'ANRT en se basant sur les données de 16 grands groupes internationaux employant au total 81.000 chercheurs et qui effectuent une partie de leur activité de recherche en France (Areva, Xerox, Mitsubishi Electric, Airbus, Arcelor Mittal,...). En Europe, l'Italie se situe au même niveau que la France pour le coût moyen d'un chercheur, l'Espagne étant encore plus compétitive que ces deux pays.

Le CIR est aussi un instrument au service de l'attractivité de la France qui peut ainsi attirer des centres de recherche de grandes multinationales sur son territoire. Facebook a ouvert en 2015 à Paris son laboratoire européen dédié à l’intelligence artificielle. Le sud-coréen Samsung a crée un centre de recherche parisien dédié aux objets connectés.

Plébiscité par les entreprises, le CIR n'est pas exempt de critiques, certains regrettant un manque de contrôle et d'efficacité des aides ainsi apportées. En septembre 2013, la Cour des comptes avait notamment livré un jugement sévère sur cette mesure, jugeant dans un rapport son coût "mal anticipé", pour une efficacité "difficile à établir".

Frédéric Bergé