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Cette start-up vous dit si vous allez gagner votre procès

Predictice exploite une base de données contenant plus d’un million de procès déjà établis, pour calculer les probabilités de résolution d'un litige et le montant des indemnités. Pour le moment, ce sont les entreprises qui se montrent les plus intéressées par cette justice prédictive.

Faut-il aller au contentieux ou bien plutôt opter pour un règlement à l'amiable? La légale technologie propose désormais de répondre à cette question grâce à des algorithmes qui s'appuient sur le big data exploitant plus d'un million de procès établis.

Plusieurs start-up ont développé leur solution de justice prédictive, à l'exemple de Predictice, créée par Louis Larret-Chahine et plusieurs amis de l'université. Un exemple de son savoir-faire: vous contestez votre licenciement pour faute grave alors que vous étiez ivre au travail. L'algorithme détermine que vous avez 25% de chances de gagner au niveau national, 60% à Aix-en-Provence. Dans le cadre d'un divorce, il est ainsi possible d'évaluer le montant de la pension alimentaire accordée sur la base des antécédents ou encore les indemnités accordées dans le cadre d'une rupture de contrat.

Le service intéresse les cabinets d'avocats, mais ce sont les grosses entreprises qui se montrent les plus intéressées par cette justice prédictive.

"Cela pourrait servir dans un litige pour savoir si on y va ou pas. Si on est assigné, est-ce qu'il vaut mieux transiger ou pas? On doit nécessairement s'interroger sur les fonctionnalités de ces outils et les découvrir le plus tôt possible", explique Jérôme Flament, juriste chez Orange.

Predictis fournit des statistiques sur le durée de la procédure, le montant des dommages et intérêts.
Predictis fournit des statistiques sur le durée de la procédure, le montant des dommages et intérêts. © -

Des procès évités

Axa a déjà franchi le pas et adopté un logiciel de légale technologie depuis 3 mois. Ici, on gère 40.000 contentieux par an, et un tiers d'entre eux concernent le droit du travail. Au téléphone désormais, les juristes jouent les bons et les mauvais augures. Les statistiques règnent en maître.

"Sur le droit du travail cela fonctionne. On sait exprimer une durée de procédure et on sait aussi exprimer un montant des dommages et intérêts qui pourront être recouvrés par le client en bout de procédure", témoigne Jean-Manuel Caparros, directeur des nouvelles technologies chez Axa protection juridique.

Résultat: des procès évités. Mais face aux temps de procédure et aux montants espérés, les trois quarts des clients préfèrent un règlement à l'amiable.

Laure-Anne Berrou, Benoit Durant-Kriegel