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Bercy demande à Proglio de couper ses liens avec Rosatom

Pour Henri Proglio, les sociétés en question n'ont "pas de lien avec le développement de l'énergie nucléaire au niveau militaire'.

Pour Henri Proglio, les sociétés en question n'ont "pas de lien avec le développement de l'énergie nucléaire au niveau militaire'. - Stéphane de Sakutin - AFP

Le ministère de l'Economie a demandé à Henri Proglio de ne plus faire partie du conseil d'administration de deux sociétés liées à l'agence russe de l'énergie atomique. Une condition nécessaire pour pouvoir prendre la présidence non-exécutive de Thales.

"Une question de principe pour éviter de possibles conflits d'intérêts". C'est ainsi que Bercy justifie la demande faite à Henri Proglio de rompre ses liens avec l'agence publique russe de l'Energie atomique Rosatom afin qu'il puisse accéder à la présidence de Thales. L'information, rapportée par des médias ce 8 mai, a été confirmée un peu plus tard par Bercy.

Il "n'est pas envisageable de nommer à la tête de Thales un président qui, par ailleurs, est rémunéré par Rosatom", a indiqué une source du ministère, citée par le quotidien Libération.

"Nous avons posé un certain nombre de conditions et celles-ci ne sont pour l'instant pas remplies", a indiqué le ministère dans une mise au point rapportée par Le Monde. Le journal cite l'entourage du ministre Emmanuel Macron, où l'on déclare : "Que le président d'honneur d'EDF et futur patron de Thales soit rémunéré, même indirectement, par un groupe qui a la main sur toute l'industrie nucléaire civile et militaire russe est pour le moins étonnant". 

Remplacé à la tête d'EDF par Jean-Bernard Lévy, Henri Proglio a été choisi pour assurer la présidence non-exécutive de Thales aux termes d'un laborieux compromis entre le groupe Dassault Aviation et l'Etat, les deux grands actionnaires du groupe d'électronique de défense.

Proglio a fait appel à un avocat pour examiner la situation

Sa nomination doit encore être entérinée par l'assemblée générale de Thales, qui se réunit mercredi. Selon Le Monde, Henri Proglio, qui siège au conseil d'administration de deux sociétés liées à Rosatom, Akkuyu Nuclear JSC et Fennovoima Ltd, a fait appel à l'avocat Jean-Pierre Mignard, un proche de François Hollande, pour examiner sa situation.

Dans une note adressée à Bercy et à l'Elysée, l'avocat estime que les liens d'Henri Proglio avec Akkuyu Nuclear JSC et Fennovoima Ltd, deux sociétés créées pour des projets de centrales nucléaire en Finlande et en Turquie, "ne portent pas sur des points stratégiques susceptibles d'influencer les prises de décision au sein du groupe Thales".

Il fait valoir notamment que les sociétés en question n'ont "pas de lien avec le développement de l'énergie nucléaire au niveau militaire", rapporte Le Monde.

Le journal indique encore que la question de la rémunération d'Henri Proglio à Thales, qui a fait l'objet de discussions serrées, ne poserait plus de difficulté et que l'intéressé se contenterait de 140.000 euros par an alors qu'il en réclamait au départ 400.000.

C.C. avec agences