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10 chiffres qui en disent long sur les start up françaises du numérique 

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- - Les 171 start-up de l'enquête du cabinet EY ont vu leurs effectifs progresser de 30% en 2014.

Les futurs champions français de l'économie numérique réalisent déjà 43% de leur chiffre d'affaires à l'international et 92% de leurs salariés sont en CDI. Tels sont quelques-uns des chiffres saillants du baromètre 2015 du cabinet EY.

Quelles sont les performances économiques et sociales des start-up du numérique en France ? Le baromètre 2015 réalisé par la cabinet EY et dévoilé lors de la journée France Digitale, révèle des résultats et des indicateurs globalement positifs, parfois surprenants pour certains d'entre eux.

Les pouvoirs publics y verront une forme de récompense de leurs efforts pour susciter un environnement économique propre à susciter la création d'emplois dans le secteur du numérique.

Ces chiffres sont issus des données collectées en 2014 auprès de 171 jeunes pousses (contre 116 sondées en 2013). Le cabinet EY a ensuite consolidé les résultats de cette enquête pour en présenter la synthèse.

  • 43% : c'est la proportion du chiffre d'affaires réalisé à l'international par l'ensemble des sociétés ayant répondu à l'enquête. Elle est en forte hausse par rapport à 2013 (38%). L'Europe représente 22% et le reste du monde est à 21%. Exprimée en valeur, la hausse de l'activité à l'international est encore plus impressionnante d'une année sur l'autre: + 57% avec 1,52 milliard d'euros facturés à l'international par l'ensemble de ces sociétés..
  • 81% : c'est le pourcentage des jeunes pousses qui ont eu recours en 2014 au Crédit Impôt Compétitivité Emploi, mis en place par le gouvernement l'an dernier. Elles sont 71% à utiliser le crédit impôt recherche, principal dispositif de soutien à l'innovation en France. Elles sont 50% à utiliser le label Jeune Entreprise Innovante (JEI) et 27 start-up ont déclaré avoir reçu une subvention de la banque publique d'investissement en 2014 qui a distribué 7,6 millions d'euros.
  • +30% : c'est la hausse des effectifs dans les start-up qui ont créé 2.232 emplois, dont 1476 personnes en France et 756 à l'étranger. Elles sont 88% à déclarer (au moment de l'enquête) qu'elles embaucheront en 2015. Les principaux profils recherchés sont des développeurs de logiciels (46%) et des business développeurs et spécialistes du marketing (39%).
  • 48% : est la part du capital détenue par les dirigeants et salariés des start-up ayant répondu à l'enquête. Il n'y a rien de surprenant à cela, les dirigeants de ces entreprises utilisent très majoritairement les instruments de capital pour motiver les salariés: bons de souscriptions de parts de créateur d'entreprise (72%), des stock-options et bons de souscription d'actions (17%) et actions gratuites (11%).
  • 9% : c'est la part des femmes dirigeant des start-up sur l'échantillon de ces 171 entreprises. La proportion ne vient que confirmer la sous-représentation notoire des femmes dans la création d'entreprises numériques. En dépit de brillantes exceptions, les femmes ne tiennent pas le haut du pavé dans le secteur des nouvelles technologies. Les entrepreneurs emblématiques du numérique en France restent des hommes (Marc Simoncini, Jacques-Antoine Granjon, Xavier Niel, Patrick Drahi).
Le chiffre d'affaires total des start-up étudiées par EY, a augmenté en moyenne de 37% par rapport à 2013. En valeur, il est passé de 2,1 à 2,9 milliards d'euros.
Le chiffre d'affaires total des start-up étudiées par EY, a augmenté en moyenne de 37% par rapport à 2013. En valeur, il est passé de 2,1 à 2,9 milliards d'euros. © EY France Digitale
  • +37%: c'est la hausse moyenne du chiffre d'affaires total des entreprises sondés pour l'enquête, qui a atteint 2,9 milliards d'euros en 2014. Bien entendu, cette hausse en pourcentage est d'autant plus forte que la jeune entreprise affiche un niveau bas d'activité: +71% en moyenne pour celles ayant un chiffre d'affaires de moins de 5 millions d'euros. Les start-up qui ont franchi le seuil de 50 millions (et au-dessus) réalisent encore une belle performance: +37% de hausse en moyenne.
  • 92%: c'est la proportion des salariés embauchés en CDI. Les CDD et l'intérim ne représentent que 4% des effectifs recensés et les stagiaires 2%. Ces statistiques sont la preuve que la précarité n'est absolument pas la règle dans les sociétés du numérique. Les effectifs sont composés à 69% de diplômés bac+4 et bac+5. L'âge moyen du personnel est de 31 ans et l'âge moyen du management est de 40 ans.
  • 25%: c'est la part des start-up ayant à leur capital des fonds de capital-risque, qui reste un levier important pour financer leur croissance. La part des capital-risqueurs étrangers est aussi significative. Elle est de 23% dans les jeunes pousses du numérique réalisant un chiffre d'affaires annuel de 5 à 50 millions d'euros et de 38% pour celles qui réalise 50 millions d'euros d'activité et au-delà.
  • 94%: c'est la proportion des dirigeants de start-up qui ont au moins un niveau d'études Bac+5. Le mythe de l'entrepreneur autodidacte n'a plus sa place dans la création d'entreprise dans le secteur du numérique. Âgés en moyenne de 40 ans, 51% des dirigeants se définissent comme des serial-entrepreneurs. Ils sont 92% à cumuler le statut de fondateur et de gérant de l'entreprise qu'ils dirigent actuellement.
  • 74%: c'est la part des jeunes pousses affichant un excédent brut d'exploitation en perte. Il n'y a rien d'étonnant à cela dans le cas d'entreprises en phase de démarrage. Plus l'entreprise dégage une activité importante, plus elle réalise un excédent brut d'exploitation bénéficiaire : elles sont 75% dans ce cas pour celles qui affichent un chiffre d'affaires annuel de plus de 50 millions d'euros.
Frédéric Bergé