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SAP se restructure et annonce 4000 suppressions de postes

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Affichant en 2018 une meilleure croissance dans le cloud qu’au sein de ses activités les plus historiques, SAP se lance dans une profonde réorganisation de ses équipes. Cela passe par la suppression de 4400 postes au niveau mondial.

« Une restructuration est indispensable si l’on veut rester dans la course au cloud et nous porter vers les marchés actuels tels que l’Intelligence artificielle, le machine learning, l’Internet des objets, la blockchain et l’informatique quantique ». Voilà ce qu’indique ce matin Bill McDermott, le PDG de SAP à l’occasion de la présentation des résultats de l’éditeur allemand, justifiant ainsi l’annonce de la suppression de 4400 postes (sur un effectif de 96 500 personnes au 31 décembre 2018).

Cette petite musique autour de la nécessaire transformation en vue d’adresser les nouveaux marchés et se mettre au diapason de l’économie du cloud résonne en fait depuis 2-3 ans chez les acteurs traditionnels de l’informatique d’entreprises comme SAP, Oracle ou encore IBM. Dès 2014, ils ont tous observé de loin les premières transformations entamées par Satya Nadella chez Microsoft. Rappelons qu’à l’époque, ce dernier avait annoncé la suppression de 18 000 postes (14% de l’effectif mondial).

Les autres mastodontes avaient bien entendu donné eux aussi quelques coups de barre. Mais leurs revenus étaient encore très centrés sur les grands contrats signés autour de leurs frameworks logiciels. Et, même s’ils partageaient tous une vision stratégique lucide sur ce qui était déjà en train de se passer et sur les directions à prendre, d’un point de vue de l’exécution, ils en étaient encore restés à des process et un management de l’ancien monde. SAP avait certes esquissé une première transformation en 2015 (3000 suppressions de postes) mais le paquebot allemand, a mis du temps à prendre son nouveau cap.

Une économie de 800 M€

Aujourd’hui il semble accélérer sa transformation. Avec ces 4400 postes supprimés, l’éditeur devrait réussir à économiser 750 M à 800 M€. Les Etats Unis et L’Allemagne sont les principaux pays concernés par cette réorganisation. La France devrait aussi être touchée mais cela porterait en grande partie sur des départs en pré-retraite. Comme ses concurrents, IBM et Oracle, les coupes devraient frapper les équipes travaillant donc sur les grands frameworks d’entreprise.

Reste que pour SAP, la situation –financière notamment- demeure plus que positive (par rapport à IBM notamment). Luka Mucic, directrice financière du groupe a précisé qu’il ne s'agissait pas de réduire les coûts, mais bien d'assurer la santé à long terme de l'entreprise, même si cela impliquait des suppressions de postes. « Chaque dollar que nous gagnons grâce à une initiative de restructuration sera réinvesti dans les effectifs et la création d'emplois », a renchéri Bill McDermott.

L’activité cloud en hausse de 32%

SAP affiche d’ailleurs une solide santé, clôturant son exercice fiscal 2018 avec un chiffre d’affaires de 24,7 milliards d’euros en hausse de 5% par rapport à 2017. Avec surtout des résultats cloud à 4,99 Mds€, en augmentation de 32%. L’ensemble des ventes de logiciels (cloud et licences) s’élève ainsi à 20,6 Mds€ sur l’année, en hausse de 5% par rapport à l’année précédente. Et lorsque Bill McDermott insiste sur ses prévisions de revenus issus du cloud – il ambitionne 35 Mds€ d’ici à 2023- cela semble plutôt bien accueilli par les analystes.

La plupart pense que l’éditeur est sur la bonne voie dans sa transformation grâce notamment aux renforts de la société Qualtrics spécialisée dans les solutions de monitoring de l’engagement client, rachetée l’an passé pour 8 Mds$ ; ou encore avec CalliusCloud, absorbée pour 2,4 Mds$ Rappelons que SAP s’était aussi également offert l’éditeur français Contextor, spécialisé dans l’automatisation des processus robotisés (RPA) pour un montant non communiqué.

SAP espère enfin trouver de nouveaux leviers de croissance auprès des PME, un marché très concurrentiel face aux pure players du cloud.