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Quand une entreprise faisait passer des masques chinois pour du "made in France"

Chez Carrefour, la boîte de 50 masques est désormais vendue moins de 15 euros en moyenne.

Chez Carrefour, la boîte de 50 masques est désormais vendue moins de 15 euros en moyenne. - Pexels

Coveix située à Châteauroux est sous le coup d'une enquête pour "tromperie et pratique commerciale douteuse".

L'an passé, alors que la demande en masques chirurgicaux explosait, certains ont tenté de profiter de la situation. A l'image de Coveix, un producteur français localisé à Châteauroux (Indre) et créé en septembre 2020. Selon une information de France Bleu, ce fabricant aurait cherché à soutenir ses ventes en faisant passer des masques chinois importés pour de la production française.

Certainement par appât du gain, ce producteur aurait reconditionné ces masques importés avec des boîtes où était indiquée la mention "made in France", bien plus attractive pour le consommateur qu'un "made in China".

Après une visite de la répression des fraudes suite à un signalement de salariés, une enquête a été ouverte par le parquet de l'Indre pour "tromperie et pratique commerciale trompeuse" et "commerce et escroquerie aggravée au préjudice de l'Etat".

Conditions déplorables de propreté

"On recevait des masques de Chine qu'on enlevait des boîtes chinoises pour les reconditionner dans des boîtes françaises. Il y avait ensuite marqué Made in France", affirme ainsi Patricia Landré, arrivée chez Coveix en octobre, interrogée par France Bleu.

Pire, ces masques n'étaient pas de bonne qualité. "On a eu des retours de clients pour nous dire que les masques étaient mal faits et à l'envers", ajoute un autre salarié. Quant à la production maison, elle se faisait dans des conditions déplorables de propreté, dénoncent les employés de l'usine.

Les salariés ont d'ailleurs décidé de mener en justice une action de groupe devant les prud'hommes suite à l'arrêt de la production (l'usine a été mise sous scellés en mars dernier) et le non-versement des salaires.

"Nous sommes en guerre face à cette pandémie. En même temps, des gens se sont engouffrés dans la brèche et sont prêts à tout pour faire de l'argent. Ils se font de l'argent sur le dos des salariés et sur le dos des citoyens", accuse Dominique Guillaume de la CGT. 

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business