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Une Française parmi les patrons du CAC 40? Pas si sûr...

Isabelle Kocher doit succéder à Gérard Mestraller en mai prochain

Isabelle Kocher doit succéder à Gérard Mestraller en mai prochain - Thomas Samson - AFP

L'actuel PDG d'Engie, Gérard Mestrallet, va encore rester deux ans au sein de l'entreprise en tant que président non exécutif. Quant à Isabelle Kocher qui était censée lui succéder à la tête du groupe, elle ne ferait plus vraiment l'unanimité.

Décidément, Gérard Mestrallet est indéboulonnable. L'actuel PDG d'Engie (ex-GDF Suez) va être reconduit en tant que président non exécutif pendant deux ans, après l'échéance de son mandat actuel.

La ministre de l'Écologie, Ségolène Royal, l'a confirmé ce vendredi 5 février. Cette décision doit être actée le 24 février par le conseil d'administration, puis validée par un vote en assemblée général le 3 mai.

Une décision pour le moins surprenante. Isabelle Kocher, actuelle numéro deux du groupe devait succéder à Gérard Mestrallet en mai prochain, devenant la première femme PDG d'un groupe du CAC40. Mais avec cette annonce, elle devrait finalement se contenter du seul poste de directrice générale.

Revirement de situation

D'autant plus surprenant qu'on se souvient que Gérard Mestrallet avait lui-même désigné Isabelle Kocher comme son dauphin dès octobre 2014. Il en avait même remis une couche le 14 janvier dernier à l'occasion de ses vœux à la presse. Au moment d'être nommée numéro deux Isabelle Kocher avait d'ailleurs évincé Jean-François Cirelli, "l'éternel second" du groupe.

Comment expliquer ce revirement de situation? En réalité, selon des informations BFM Business, Isabelle Kocher est désormais loin de faire l'unanimité. En interne la fronde des cadres montait depuis plusieurs mois. Cette Normalienne, agrégée de physique, avait entamé une réorganisation profonde en passant d’une organisation métier à une organisation client par géographie et par zone, ce qui était très mal passé dans les équipes. L'actuelle numéro deux du groupe a aussi fait appel à beaucoup de consultants extérieurs sans prendre la peine de s'appuyer sur les équipes en place. 

Un nouvel homme fort

À cela s'ajoute des facteurs exogènes sur lesquels elle n'a pas de prise mais qui viennent plomber l'atmosphère. C'est le cas de la baisse des prix du pétrole qui met Engie dans d'une situation délicate et également des lourds investissements dans les énergies nouvelles qui pour le moment ne rapportent pas encore beaucoup.

De plus, les relations entre Isabelle Kocher et Gérard Mestrallet se seraient sérieusement dégradées ces derniers, selon les Échos avec pour enjeu le rôle de chacun au sein de la gouvernance du groupe. À tel point qu'il se murmure actuellement au sein du groupe que Gérard Mestrallet serait même à la recherche d'un nouvel homme fort pour lui succéder.

Jean-Baptiste Huet, édité par J.M.