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Trois offres de reprise ont été déposées pour l'aciérie Ascoval

Deux offres déposées par le sidérurgiste britannique British Steel et le spécialiste italien des aciers spéciaux Calvi Networks, sont jugées crédibles. Elles prévoient la reprise totale de l'activité et du personnel.

Deux offres déposées par le sidérurgiste britannique British Steel et le spécialiste italien des aciers spéciaux Calvi Networks, sont jugées crédibles. Elles prévoient la reprise totale de l'activité et du personnel. - François Lo Presti-AFP

Trois nouvelles offres ont été déposées pour la reprise de l'aciérie de Saint-Saulve (Nord), un mois après le retrait d'Altifort. Un dossier à rebondissements sur lequel la justice doit à nouveau se prononcer ce mercredi.

Un mois après le désistement du groupe franco-belge Altifort, qui a fait l'effet d'une douche froide, les 281 salariés du site de l'aciérie Ascoval sont suspendus au sort qui sera réservé aux nouvelles offres de reprise. Hier, lundi 25 mars, trois offres et deux marques d'intérêt ont été déposées auprès des organes en charge de la procédure, a-t-on indiqué à Bercy. "Ces offres sont encore assorties à ce stade de conditions suspensives", a-t-on ajouté.

D'après une source proche du dossier, deux offres, déposées par le sidérurgiste britannique British Steel et le spécialiste italien des aciers spéciaux Calvi Networks, sont jugées particulièrement crédibles. Elles prévoient la reprise totale de l'activité et du personnel. Une troisième offre, déposée par Secufund Industry, prévoit une reprise partielle des salariés et une modification de l'activité. Les marques d'intérêt ont été formulées via des lettres d'intention par l'industriel Pascal Cochez et par un groupe hollandais qui souhaite disposer de plus de temps pour étudier le dossier.

"Aujourd'hui, il y a des gens très sérieux, c'est un beau signal pour les 280 salariés du site et les familles qui sont derrière", s'est réjouie la secrétaire d'État à l'Économie, Agnès Pannier-Runacher, en marge d'un déplacement dans le Pas-de-Calais. "Mais ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué !"

Le tribunal devrait accorder un délai supplémentaire

D'après une source proche des discussions, le tribunal de grande instance de Strasbourg devrait accorder mercredi un délai supplémentaire de "quelques semaines", peut-être jusqu'à "courant mai", pour se prononcer. "L'État, la région des Hauts-de-France et les collectivités locales vont travailler rapidement avec l'administrateur judiciaire pour permettre à ces offres préliminaires de devenir des offres fermes", assure Bercy.

Créée en 1975 par Vallourec et devenue Ascoval en 2017, l'aciérie de Saint-Saulve attend un repreneur depuis la liquidation judiciaire en février 2018 du groupe Asco Industries, auquel le sidérurgiste Vallourec avait cédé 60% de l'usine, tout en conservant 40% des engagements de commandes. Mi-décembre, le tribunal de Strasbourg avait mis fin à un long suspense en validant la reprise de l'usine par Altifort.

Nacim Bardi, délégué CGT, voit lui aussi un "point positif" dans ces nouvelles offres. "On attire encore et ça, c'est une satisfaction", confie-t-il à l'AFP. "Mais elles ne sont pas complètes car il y a pas mal de questions, de conditions suspensives, notamment concernant Vallourec", tempère-t-il.

En attendant la décision judiciaire, l'aciérie est en sous-activité depuis vendredi et ce jusqu'au 15 avril, toutes les commandes ayant été honorées.

Frédéric Bergé avec AFP