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Toyota quitte à son tour l'Australie

Toyota n'a assemblé que 1% de sa production mondiale en Australie

Toyota n'a assemblé que 1% de sa production mondiale en Australie - -

Le groupe japonais a annoncé, ce lundi 10 février, qu'il allait arrêter de fabriquer des voitures en Australie. General Motors et Ford ont déjà fait la même annonce voici quelques semaines.

La santé de l'Australie commence à inquiéter. Le constructeur automobile japonais Toyota a ainsi annoncé, ce lundi 10 février, qu'il allait quitter le pays.

Le numéro un mondial du secteur a expliqué qu'il allait stopper d'ici à la fin 2017 ses chaînes d'assemblage d'Altona, dans la banlieue de Melbourne (sud-est). Le PDG du groupe japonais, Akio Toyoda, a fait valoir que Toyota "espér(ait) pouvoir continuer de produire en Australie".

"Mais nous sommes contraints de prendre cette décision difficile car ce marché est soumis à une compétition très intense, le dollar australien est très vigoureux et, en outre, l'ensemble de la production d'automobiles en Australie est en train de diminuer", a-t-il expliqué. La principale filiale de Toyota sur place compte 3.900 employés, mais aucun détail sur leur sort n'a été fourni.

L'an passé, Toyota a assemblé en Australie un peu plus de 100.000 voitures de moyenne gamme (Camry, Aurion), soit à peine 1% de sa production mondiale (soit plus de 10 millions de véhicules en 2013). Sa production en Australie, qui atteignait encore 150.000 véhicules avant la crise financière de 2008-2009, a régulièrement diminué depuis.

Une main d'oeuvre onéreuse

C'est un véritable coup de massue pour l'Australie, d'autant que d'autres constructeurs automobiles ont déjà acté leur départ. Il y a quelques semaines, General Motors avait annoncé sa décision de stopper à horizon 2017 la production de sa filiale GM Holden (2.900 personnes). Ford a déjà annoncé en mai dernier qu'il cesserait d'assembler en 2016 en Australie (1.200 personnes).

L'autre constructeur japonais présent, Mitsubishi Motors, a fermé pour sa part son usine d'Adelaide (sud) il y a cinq ans.

Pour le dirigeant de l'opposition australienne Bill Shorten, cette annonce signifie purement et simplement "la mort de l'industrie automobile en Australie".

Le syndicat des Travailleurs du secteur automobile australien AMWU a, de son côté, estimé que le retrait annoncé pourrait engendrer une possible récession en Australie. L'économie du pays traverse, en effet, une passe difficile après s'être reposée pendant une décennie sur les industries d'extraction minières.

Quelque 1,13 million de véhicules ont été vendus dans ce pays en 2013, ce qui en fait un marché de taille relativement modeste. Toyota y a écoulé la même année 214.000 véhicules, soit 20% du total.

D'après le quotidien japonais Nikkei, la main-d'oeuvre australienne dans l'automobile coûte en moyenne 30% plus cher qu'aux Etats-Unis, un argument de poids pour ceux qui plaident pour le retrait.

D. L. avec AFP