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Soirée de Ghosn au château de Versailles: perquisition au siège de Renault 

11 millions d'euros de dépenses suspectes engagées par l'ancien patron de l'alliance automobile franco-japonaise Carlos Ghosn

11 millions d'euros de dépenses suspectes engagées par l'ancien patron de l'alliance automobile franco-japonaise Carlos Ghosn - Kazuhiro NOGI / AFP

Une perquisition est en cours ce mercredi matin au siège de Renault, près de Paris. Dans le viseur des enquêteurs, le financement de la soirée organisée à Versailles par Carlos Ghosn en 2016.

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L'affaire Carlos Ghosn revient sur le devant de la scène en France. Ce mercredi matin, une perquisition est menée au siège de Renault, à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), près de Paris.

Confirmant une information d'abord révélée par L'Express, une vingtaine de policiers de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (Oclciff) et des membres du parquet sont intervenus dans le cadre de l'enquête préliminaire lancée suite à la soirée organisée par Carlos Ghosn à Versailles en 2016. 

"Le groupe Renault confirme qu'une perquisition de la police est en cours à son siège de Boulogne-Billancourt et qu'il collabore pleinement avec les autorités", a affirmé un porte-parole de Renault à l’AFP, sans donner plus de détails.

Fraude fiscale et abus de biens sociaux?

Comme au Japon, Carlos Ghosn est soupçonné d’abus de biens sociaux et de fraude fiscale. Début avril, Renault avait signalé à la justice française "plusieurs millions d’euros" de paiement jugés suspects. Ces sommes auraient transité via un distributeur de véhicules Renault et Nissan à Oman. Ce même distributeur omanais est également au centre de l’enquête japonaise pour fraude fiscale chez Nissan.

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Les enquêteurs s’interrogent également sur l’organisation par Carlos Ghosn en octobre 2016 d’une fête somptueuse au château de Versailles, dont Renault est partenaire, à l'occasion de son mariage. Le domicile français de Carlos Ghosn, à Etang-la-Ville (Yvelines), avait à ce sujet été perquisitionné mi juin.

Au total, 11 millions d’euros de "dépenses suspectes" ont été identifiées via l’enquête interne menée chez Renault. Elles auraient notamment transité par RNBV, la filiale commune de Renault et Nissan, installée jusqu’au début de cette année aux Pays-Bas. Carlos Ghosn est lui toujours en libération surveillée au Japon. La date de son procès dans l'archipel n'a pas encore été communiquée.

Pauline Ducamp, avec AFP