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Pourquoi le pétrole chute en Bourse

Les prix du pétrole chute depuis trois jours en Bourse.

Les prix du pétrole chute depuis trois jours en Bourse. - -

Les rachats de titres de la Réserve fédérale américaine sont censés tirer vers le haut le cours des matières premières. Benjamin Louvet, associé-gérant chez Prim’Finance, a expliqué cet après-midi sur BFM Business pourquoi le pétrole fait figure d’exception.

Le bazooka de la Réserve fédérale (Fed) ne suffit pas toujours. Malgré l’annonce, la semaine dernière, d’un vaste programme de rachat de titres immobiliers par la Fed, le pétrole dégringole en Bourse. Il a, de fait, perdu 1,33 dollars à la clôture de mardi 18 septembre, après avoir surtout connu un "krach éclair" la veille, lundi. L’or noir a chuté de plus de 3% en quelques minutes, juste avant la fin de la séance.

Un paradoxe : les annonces de la Fed sont de nature à faire baisser le dollar, et ainsi soutenir les cours des matières premières qui sont libellées dans la devise américaine. Les métaux précieux (or, argent) et ordinaires (étain, cuivre) ont ainsi grimpé en Bourse ces dernières séances.

Mais Benjamin Louvet, associé-gérant chez Prim’Finance, interviewé dans l'émission Intégrale Bourse de BFM Business a donné quelques pistes pouvant expliquer le cas particulier du pétrole.

Dans un premier temps, il estime que les fêtes religieuses de lundi, le nouvel an juif notamment, ont pu influencer les cours. "Il y avait lundi un creux des volumes échangés. Il était du à ces fêtes et au nombre réduit d’automates chargés de traiter les échanges", note l'associé-gérant. Benjamin Louvet indique alors qu’en fin de séance, les volumes échangés ont été brusquement multipliés par cinq en une minute.

Il évoque également "la possible liquidation d’un hedge fund [un fonds spéculatif à haut risque, NDLR]" qui aurait violemment vendu ses positions sur le pétrole et précipiter la chute des cours.

Une action concertée entre les États-Unis et l'Arabie Saoudite

Autre possibilité : une action concertée entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite. Benjamin Louvet explique, en effet, que des prix élevés gênent les deux pays. Pour les Etats-Unis, il s’agit d’un handicap "néfaste pour le président Barack Obama", à quelques semaines des élections présidentielles américaines.

Du côté de l’Arabie Saoudite, "un baril trop élevé rapporte certes davantage d’argent au pays (...) Mais Riyad est conscient qu’un prix trop haut menace la reprise des pays développés, ce qui pèsera sur ses ventes de pétrole. Le pays a ainsi intérêt à ce que le pétrole se stabilise sur des niveaux corrects", explique Benjamin Louvet.

Ainsi des bruits circulent, rapportant que le pays du Golfe a proposé d'approvisionner ses principaux clients raffineurs et ainsi contrecarrer l’effet haussier dû à la Fed. Le pétrole ferait alors les frais des bons rapports entre Washington et Riyad.

Julien Marion