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Les impôts de production sont "éliminatoires pour notre industrie" française

Bercy travaille sur la réduction des impôts de production pour soutenir l'industrie française. Pour la patronne du groupe Thuasne, c'est une mesure indispensable pour continuer à être compétitif au niveau mondial.

Enfin la fin des impôts de production ? En tout cas, pour une partie. Ce mercredi, le Premier ministre Jean Castex devrait donner des précisions sur la réduction de la CVAE (Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) lors de son discours de politique générale. Une manière de soutenir l'industrie française qui se plaint d'un amoncellement d'impôts qui pèse sur sa compétitivité.

Pourtant, rien n'est moins simple car ces impôts sont une manne pour l'Etat dans un contexte très compliqué pour les finances publiques. Ils pesaient 77 milliards d'euros en 2018, selon une note publiée en juillet du Conseil d'analyse économique (CAE). 

Surtout, la CVAE est destinée aux régions, le gouvernement devra donc trouver la bonne compensation. "De toute façon, il faut trouver une solution sur les impôts de production" tranche Elizabeth Ducottet, PDG du groupe Thuasne, qui était invitée ce mercredi sur le plateau de Good Morning Business.

"Nous ne pouvons pas vouloir réindustrialiser, maintenir en industrie et développer nos industries françaises si nous ne sommes pas compétitifs sur le plan européen et mondial" explique la patronne dont le groupe fournit du matériel médical.

Taxés sur des transports en commun qui n'existent pas

"Les prix sont fixés à un niveau mondial. Si nous n'avons pas ce niveau de prix dans les produits que nous fabriquons, nous n'avons pas de chance de faire partie de la course" poursuit-elle. "Donc il est très clair que ces impôts sur la production, qui sont d'une certaine façon éliminatoire pour notre industrie (…) doivent être traités." De la même manière, "il faut effectivement que le sujet des régions (…) soit traité."

Reste que les annonces à venir sont "un très grand espoir de voir enfin les impôts de l'industrie se trouver remis à un niveau moyen" juge-t-elle. "Nos ETI sont dans des territoires, elles sont industrielles dans beaucoup de cas. Effectivement, si on les dispense enfin d'un impôt qui les oblige à alourdir leur prix de revient et bien on leur redonnera vraiment de la capacité à se battre dans le champ international."

D'autant plus que les impôts de production sont parfois ubuesques. Il s'agit en réalité d'une "foule de petits impôts". Certains étant "légitimes" et d'autres "totalement illégitimes" souligne Elizabeth Ducottet qui apporte un exemple probant: "nous sommes taxés sur les transports en commun alors que nos sites ne sont pas accessibles par des transports en commun. Voilà des choses qu'il faut absolument modifier."

TL