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Fusion avec Fiat-Chrysler: Bruno Le Maire demande au patron de Renault des garanties sur l'emploi

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire.

Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire. - Eric Piermont - AFP

Le ministre de l'Économie a demandé des garanties à Jean-Dominique Senard sur le projet de fusion avec le constructeur italo-américain, au premier rang desquels des engagements sur la préservation des emplois en France.

"Cela n'arrive pas tous les quatre matins", comme il le dit, Bruno Le Maire est pour une fois d'accord avec Matteo Salvini: le projet de fusion entre Renault et Fiat-Chrysler est "une belle opportunité", a déclaré le ministre de l'Économie sur RTL ce mardi.

Une opportunité "pour Renault et pour l'industrie automobile européenne", a-t-il ajouté. Car, selon le patron de Bercy, le secteur doit affronter des défis technologique tout aussi majeurs qu'au début du XXe siècle, avec le développement des batteries électriques et des véhicules autonomes. Dans cet environnement, les entreprises "qui survivront celles qui auront la capacité d’investir massivement", affirme-t-il et le projet de fusion devrait permettre à Renault et Fiat d'être en capacité de les assumer.

"Qu'est-ce qui garantit l'emploi? Ce n'est pas la présence de l'État au capital"

Si les perspectives industrielles semblent prometteuses, la question de l'emploi inquiète les syndicats. La CGT Renault a fait part hier de ses craintes et a demandé à l'État français de conserver une minorité de blocage au conseil d'administration. Le projet de fusion présenté par Fiat-Chrysler prévoit que le nouveau groupe soit détenu à parts égales par les deux constructeurs. L'État détenant 15% du capital de Renault, sa part serait dilué à 7,5% dans le nouvel ensemble, a confirmé Bruno Le Maire.

"Qu'est-ce qui garantit l'emploi? Ce n'est pas la présence de l'État au capital", a répondu le ministre ce mardi. Selon lui, aider Renault à réussir la révolution technologique du XXIe siècle est "la meilleure façon de veiller aux intérêts industriels de la France".

Bruno Le Maire a toutefois demandé quatre garanties au patron de Renault, Jean-Dominique Senard, lors d'une rencontre en fin de semaine dernière. D'abord, des engagements sur la préservation des emplois et des sites industriels, avec zéro fermetures d'usines.

"Je serai très vigilant sur cette première garantie", a insisté le ministre.

Il a également fait part de son souhait que "l'opération se fasse dans le cadre de l'Alliance entre Renault et Nissan", encore troublée par l'affaire Carlos Ghosn. Il a demandé des garanties sur la gouvernance de la future entreprise. Le choix du futur patron notamment n'est pas encore défini. Enfin, Bruno Le Maire veut que le champion européen "participe à la commande batteries européennes au lieu de chinoises", le ministre français étant à l'initiative avec son homologue allemand d'un projet de développement de cette filière sur le Vieux continent.

Jean-Christophe Catalon