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Éprouvé par sa détention, Carlos Ghosn garde le silence pour l'instant

"Bien sûr qu'il est fatigué", a déclaré son avocat japonais Junichiro Hironaka à la presse devant le bâtiment abritant son cabinet.

"Bien sûr qu'il est fatigué", a déclaré son avocat japonais Junichiro Hironaka à la presse devant le bâtiment abritant son cabinet. - Kazuhiro Nogi-AFP

Carlos Ghosn est "fatigué" selon son avocat japonais. Son état de fatigue rend improbable une communication devant les médias dès ce jeudi, au lendemain de sa libération sous caution après 107 jours de détention.

L'ex-PDG de Nissan et Renault ne devrait pas s'exprimer en public au lendemain de sa libération assortie de règles drastiques de surveillance. "Bien sûr qu'il est fatigué", a déclaré son avocat japonais, Junichiro Hironaka, à la presse réunie devant le bâtiment abritant son cabinet d'avocats. "Il a été placé en garde à vue par surprise à son arrivée à l'aéroport, enfermé dans cet endroit pendant plus de cent jours. Qui ne serait pas fatigué après tout cela?", a-t-il lancé.

L'équipe chargée de sa défense a dit envisager une conférence de presse de Carlos Ghosn, en précisant que son état de fatigue rendait celle-ci peu probable ce jeudi. Une éventuelle rencontre avec les médias doit aussi ne pas influer sur le procès à venir et ne pas conduire Carlos Ghosn à se faire accuser de transmettre de la sorte des messages cachés à des accointances 

"Nous sommes des avocats pénalistes. Notre seul objectif est que notre client soit déclaré non coupable", a déclaré Me Hironaka. "J'espère qu'à présent nous allons pouvoir nous atteler à une préparation plus élaborée, plus rigoureuse", a-t-il ajouté.

La tenue de Carlos Ghosn à sa sortie a suscité la surprise

L'avocat japonais a dit ne pas savoir pourquoi l'ex-patron et les deux autres avocats chargés de l'accueillir à sa libération avaient choisi pour sa sortie une tenue ressemblant à celle d'un ouvrier de voiries. "J'ai été surpris en le voyant à la télévision", a-t-il dit, semblant prendre ses distances.

Pour obtenir la libération de Carlos Ghosn sous caution (8 millions d'euros), ses avocats ont entre autre promis qu'il séjournerait dans une résidence dont les accès seraient équipés de caméras de surveillance, qu'il resterait au Japon et n'utiliserait que des ordinateurs du bureau des avocats, sans accès à l'internet.

Cette affaire très médiatisée à travers le monde a mis en lumière un système judiciaire japonais dans lequel une personne inculpée peut, avant son procès, séjourner de longs mois voire des années en prison, en se voyant interdire la présence d'un avocat au moment des interrogatoires. 

Frédéric Bergé avec AFP