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Énergies renouvelables: les hydroliennes fluviales se jettent à l'eau

Le parc d'hydroliennes produit 320 kilowatts et sera exploité par Hydrowatt, filiale du producteur d'énergie renouvelable Unit-e.

Le parc d'hydroliennes produit 320 kilowatts et sera exploité par Hydrowatt, filiale du producteur d'énergie renouvelable Unit-e. - HydroQuest

Les quatre turbines de la société HydroQuest, immergées dans le Rhône, fournissent de l'électricité depuis fin décembre 2018. Une première pour cette nouvelle forme d'énergie renouvelable, qui exige des conditions fluviales particulières pour être efficace.

Alors que Naval Group a jeté l'éponge dans l'hydrolien marin, HydroQuest, une jeune entreprise de la région de Grenoble, marque des points dans l'hydrolien fluvial. Son parc de quatre hydroliennes, immergées dans le Rhône, a été raccordé au réseau électrique d'Enedis (filiale d'EDF) à la toute fin de 2018, une grande première en France et dans le monde, selon Hydroquest, pour une ferme de plusieurs turbines de ce type.

Avec ses 320 kilowatts de puissance installée, elles peuvent ensemble alimenter 400 foyers en produisant de l'électricité au prix de 150 euros par MWh. Le parc est exploité par Hydrowatt, filiale du producteur d'énergie renouvelable Unit-e.

Les hydroliennes sont arrimées à des barges flottantes

Contrairement à leurs homologues amarrées au fond de la mer, ces hydroliennes sont arrimées à des barges flottantes (elles-mêmes fixées au fond du lit du fleuve) ce qui facilite leur maintenance. HydroQuest teste sa technologie depuis quatre ans sur la Loire à Orléans, où son hydrolienne avait déjà été raccordé au réseau électrique d'Enedis.

Hydroquest s'apprête à mettre à l'eau une ferme encore plus importante d'hydroliennes fluviales sera installée dans le haut-Rhône, entre Lyon et Genève. Formé de 39 turbines, disposées sur 13 rangs de 3 engins chacun, ce parc fournira 2 MW d'électricité à la fin 2019.

Un débit du fleuve d'au moins 2m/s est nécessaire

Ces turbines sont particulièrement adaptées aux fleuves profonds au débit important. Il faut au moins un débit de 2 mètres par seconde. "Le Rhône d'il y a 100 ans, avant la construction de ses barrages, aurait été un paradis pour nous", souligne le président d'HydroQuest Jean-François Simon.

Mais du fait des multiples aménagements des cours d'eau comme les barrages, "il n'y a pas beaucoup de potentiel en France", ajoute l'entrepreneur. "Nous sommes sur un marché de niche" ajoute le président d'HydroQuest, qui voit l'avenir de sa technologie dans les pays en développement, du fait de leurs fleuves non encore aménagés et de leurs immenses besoins en électricité à satisfaire.

Frédéric Bergé