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Comment l'A400M, l'avion militaire signé Airbus, a en partie plombé les comptes de 2019

Invité sur BFM Business, Guillaume Faury, le président exécutif d'Airbus, est revenu sur la perte comptable enregistrée par le groupe en 2019 compte tenu, entre autres, d'une nouvelle charge relative à l'appareil de transport militaire A400M.

La réussite commerciale d'Airbus sur le segment civil n'a pas empêché le constructeur aéronautique européen de clôturer l'exercice 2019 sur une perte comptable. Ayant repris en 2019 la casquette de premier avionneur civil mondial, l'européen a néanmoins affiché une perte nette 1,36 milliard d'euros, plombé par 5,6 milliards d'euros de charges exceptionnelles.

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Ce déficit est notamment lié à l'amende de 3,6 milliards d'euros dont Airbus a dû s'acquitter en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis pour clore des poursuites dans une affaire de corruption, en marge de la conclusion de contrats dans plus d'une dizaine de pays. Et d'autre part, en raison d'une nouvelle charge de 1,2 milliard d'euros sur le programme d'avion de transport militaire A400M.

Cité dans un communiqué, Guillaume Faury a déclaré que ces résultats reflétaient le poids des accords finaux conclus avec les autorités pour clore les enquêtes de compliance (conformité, NDLR) ainsi que la "charge liée à la révision de nos prévisions de contrats d'export pour l'A400M".

"Dérisquer" le programme

À l'antenne de BFM Business ce jeudi, le patron d'Airbus a confirmé dans l'émission 12H L'Heure H les difficultés du développement de ce programme militaire.

"Cette situation est un peu en trompe-l'œil malheureusement parce que l'amélioration opérationnelle de l'A400M est là. Elle s'est confirmée. On a fait une très bonne année 2019 dans ce domaine-là (…) Le programme A400M s'est fortement amélioré dans l'année 2019", assure-t-il.

Et de préciser: "Le sujet que l'on traite à travers (…) la charge que l'on a passée l'année dernière est lié aux exports dans le futur (…) Dans la période du programme - c'est-à-dire des contrats qui ont déjà été lancés – il y avait un nombre important de contrats export qui étaient positionnés et on a réduit ce nombre de contrats export. Donc en fait on continue on 'dérisquer' le programme. Ça passe malheureusement par cette décision-là. Mais on pense que c'est la bonne chose à faire. Ça ne remet pas en cause le produit, l'avion, la performance opérationnelle qui est extraordinaire et aussi la conduite du programme pour les clients actuels".

J.C-H avec AFP